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Afrique centrale: le marché financier régional «fonctionne au ralenti»

Selon le cabinet français Roland Berger, l’institution enregistre des activités primaires et secondaires faibles dues en partie à la coexistence des Bourses de Libreville et de de Douala

Le marché financier de l’Afrique centrale continue de fonctionner «au ralenti» après 12 ans d’existence, selon un rapport que vient de publier le cabinet français Roland Berger.

Dans un rapport intitulé «Etude prospective sur le potentiel du Marché financier régional de l’Afrique Centrale et mesures d’accompagnement», l’institution pointe des activités primaire et secondaire faibles, dans un espace étroit également marqué par la coexistence de la Bourse de Libreville (BVMAC, Gabon) et de la Bourse de Douala (DSX, Cameroun), «freinant le dynamisme du marché et rédhibitoire en termes de perception par les utilisateurs».

Toujours au plan de l’offre actuelle Roland Berger constate des processus perçus comme longs et contraignants par les parties prenantes, mais aussi un déficit de formation technique pénalisant l’exécution des opérations.

Le même diagnostic fait état d’une réglementation bien perçue par les acteurs locaux, mais nécessitant un effort de pédagogie, une tarification supérieure à des places financières comparables, un cadre fiscal non harmonisé, des mesures fiscales méconnues des émetteurs potentiels ainsi qu’un cadre légal en cours d’harmonisation nécessitant une application plus poussée.

Selon le cabinet, l’espace sous-régional a une notoriété et une image à développer auprès des émetteurs potentiels, dont les besoins ne sont pas pour l’instant adressés par le marché, dispose d’un potentiel important d’investissement à développer en adressant les attentes et les freins des investisseurs, avec un écosystème de parties prenantes non vertueux empêchant le décollage dudit marché.


De même, apprend-on, beaucoup d’investisseurs locaux favorisent actuellement l’investissement sur le marché financier de l’Afrique de l’Ouest, l’écosystème actuel au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) étant perturbé par des dysfonctionnements dans les relations des acteurs au marché, qui empêchent son décollage, et pénalisé par des difficultés dans le circuit des flux de financement et d’investissement.

D’une profondeur estimée à quelque 250 milliards FCFA en 2015, le marché financier de la sous-région pourrait atteindre 2150 à 2450 milliards de FCFA en 2025, un scénario plus volontariste portant ladite profondeur à 4000-5000 milliards FCFA, soit 8,2% à 10,2% du produit intérieur brut (PIB).

Pour Roland Berger, les cinq leviers permettant la dynamisation durable du marché financier de la Cemac demeurent dans la création des conditions de départ et d’un choc pour la redynamisation par des mesures ponctuelles fortes des Etats, la mise en valeur d’émetteurs «modèles» et d’intermédiaires de référence, capables de porter le marché et de véhiculer une image positive.

Il s’agit aussi de répondre au besoin de financement de l’économie à travers l’élaboration d’une offre adaptée au besoin des entreprises et des investisseurs, de définir un cadre réglementaire favorable à l’investissement et au contrôle de sa mise en uvre, et d’engager une promotion active du marché auprès des émetteurs potentiels via un plan marketing, d’accompagner et de développer une culture financière locale.

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