Le Haut Commandement Militaire prend les armes contre le VIH-SIDA
Par Ebah Essongue Shabba - 26/04/2012
Un atelier de plaidoyer auprès du Haut commandement militaire de la troisième région militaire interarmées (RMIA3) s’est déroulé à Garoua
La salle de conférence du Pôle Aéronautique National à Vocation Régional (PANVR) de Garoua a abrité le mardi 24 avril, l’atelier de plaidoyer auprès du Haut commandement militaire et de restitution des activités du projet Coup d’Arrêt SIDA au Cameroun (CAS). L’atelier présidé par le Général Tumenta Chum Martin, Commandant de troisième région militaire interarmées et commandant d’Arme de la place, avait pour objectif principal de présenter au Haut Commandement militaire du ministère de la Défense et à la RMIA3, les avancées significatives du projet CAS depuis son lancement le 17 Novembre 2008 jusqu’au premier trimestre 2012. Les participants issus du Haut Commandement basé à Garoua, Maroua et N’gaoundéré, ont pendant les travaux eu un aperçu sur l’état de riposte du VIH conduit au sein de l’armée (RMIA 3) par le projet CAS et ils ont partagé les résultats de la recherche comportementale menée au sein des forces armées notamment dans la 3ème région militaire interarmées. Concernant le bilan des activités, l’on retient que 21 campagnes de dépistage du VIH ont été menées depuis le lancement projet CAS en 2009 dans la troisième région militaire interarmées avec au total 8.208 personnes dépistées parmi lesquels 4.831 militaires et 3.377 civils des zones riveraines des casernes militaires. Par ailleurs, 266 pairs éducateurs militaires et 169 Amazones (épouses de militaires) ont été formés en matière de communication pour le changement de comportement. Le personnel de l’armée a également bénéficié du renforcement des capacités à travers la participation à des formations internationales de haut niveau. De l’avis du Général Tumenta, le projet CAS Cameroun est une action importante car il est la preuve que la lutte contre le VIH au sein des forces armées préoccupe au plus haut point l’Etat camerounais. En effet, avec une prévalence de 4,3% (CNLS, EDS-MICS 2011) le Cameroun fait face à une épidémie généralisée au VIH. La dernière enquête menée par l’ONUSIDA en 2005 dans trois régions militaires du Cameroun a révélé une prévalence au VIH de 11,3% au sein du personnel militaire. Par ailleurs, le Plan Stratégique National de Lutte contre le Sida pour la période 2011 – 2015 a identifié les soldats comme un groupe sur lequel une attention particulière doit être portée en ce qui concerne la prévention du VIH car faisant partie des populations les plus à risque (PPR) aux côtés des travailleuses de sexe et des camionneurs pour ne citer que ceux là.

Photo de famille des participants
Comme mesure de riposte, depuis 2008, l’Association Camerounaise pour le Marketing Social (ACMS), filiale locale de PSI, a mobilisé des ressources du département de Défense des USA pour mener un programme de prévention du VIH au sein des forces armées. Ce programme prévoit d’accroître la connaissance, les attitudes et les pratiques en matière de prévention du VIH auprès des Hommes en tenue à travers principalement la communication pour le changement de comportement, la promotion du dépistage et le renforcement des capacités des médecins de l’armée à la prise en charge du VIH en milieu militaire. Il se déploie à travers l’armée Camerounaise dans la troisième région militaire du pays, sous la coordination du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) qui est garant de la stratégie nationale de lutte contre le sida et avec qui l’ACMS travaille en étroite collaboration. A l’issue des travaux, des recommandations ont été émises par les participants. Ces derniers ont suggérer notamment un meilleur suivi des commandants de formation dans la collecte et la remontée des rapports des causeries éducatives, la mise à disposition des chefs utilisateurs des résultats de test de dépistage du VIH, augmenter le nombre de campagne de dépistage par an et impliquer les militaires séropositifs dans la lutte contre le VIH à travers la sensibilisation auprès de leurs camarades d’arme.

