Affaire Marafa: Un million de FCFA pour une interview!

Par Idriss Linge - 27/06/2012

C’est la somme que se propose d’offrir l’intellectuel Patrice Nganang, à toute personne qui parviendrait à réaliser une interview de l’ex ministre d’Etat

 

Patrice Nganang connu au Cameroun pour ses positions radicales contre le régime actuellement au pouvoir, a annoncé qu’il primerait toute personne qui pourrait réaliser une interview de Marafa Hamidou Yaya, l’ex ministre d’Etat aujourd’hui en détention préventive dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds publics. «Je lance un défi aux Camerounais – à chaque citoyen camerounais, qu’il soit journaliste ou pas: 1 million de FCFA à quiconque fera la première interview avec Marafa Hamidou Yaya. Je demande à quiconque de ne faire que ce que j’ai fait moi-même déjà. Après tout, le 31 mai 2012, j’ai été moi-même à Kondengui où j’ai rencontré un prisonnier dont je mène la campagne pour la libération, et j’ai fait des photos plus une interview son et vidéo bavardant avec lui: Enoh Meyomesse,»] explique-t-il dans une lettre reprise par de nombreux médias. Selon lui la tâche à accomplir est facile en ce que la loi n’interdit pas au Cameroun, de rencontrer un prévenu et de discuter avec lui. «Ce pays-ci n’a plus d’hommes ou quoi? Ce pays-ci n’a plus de gens braves ou quoi? C’est quoi même? Comment Marafa Hamidou Yaya peut-il être enfermé en plein Yaoundé pendant trois mois sans qu’aucun journaliste n’aille le voir, n’aille l’interviewer, n’aille le rencontrer? Comment les citoyens camerounais peuvent-il être émus par ses révélations époustouflantes sur la mort de 71 d’entre nous et le sort que leur ont donné Paul Biya, Issa Tchiroma et d’autres prévaricateurs, et ne pas vouloir le rencontrer pour en savoir plus? Au bout de trente ans de «renouveau», sommes-nous donc devenus des animaux? Bèbèla, Yaoundé n’est pas Tcholliré après tout»] peut-on lire dans sa lettre.

 


L'auteur camerounais propose, un million pour une interview!

L’intellectuel camerounais formule cette demande dans un contexte où la parution des lettres attribuées à Marafa se fait de plus en plus rare. Début du mois de juin pourtant, des sources proches de lui et reprises par le magazine panafricain Jeune Afrique annonçait l’existence d’une documentation de 500 pages à publier, mais depuis plus rien. Entre temps, le Conseil national est monté au créneau, pour rappeler les règles. «le Conseil national de la communication rappelle à tous les organes de presse qu’ils n’ont pas pour mission de se substituer aux instances judiciaires en organisant des procès populaires et publics, d’exposer la vie privée des individus, et surtout sans preuve à l’appui. Les dénonciations portant sur la vie privée des individus relèvent du droit et sont punies comme telles», pouvait-on lire dans un de ses communiqué avertissant des journaux sur les dérives relativement à l’affaire Marafa. Cet avertissement a été suivi ce mardi 26 juin 2012, de la sommation à tous les organes de presse, de déposer une copie de leur publication chez le procureur de la république, comme l’indiquent la loi, sous peine de sanctions. Selon la loi camerounaise, parler d’un fait faisant l’objet d’une procédure judiciaire pendante de nature à influencer le procès en bien ou en mal est susceptible d’emprisonnement. La prime est mise en place, mais les risques aussi. Au ministère de la Communication, des sources indiquent que pour donner l’exemple, des sanctions ne tarderont pas à tomber

 





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