Cameroun: La baisse de la production de cacao tend les prix
Par Idriss Linge - 19/07/2012
Les prévisions d’une récolte en baisse ont fait accourir les acheteurs créant une hausse des prix du kilogramme
La pénurie de fèves de cacao en raison d'une mauvaise récolte de mi saison ont fait grimper les prix sur le marché camerounais, selon des sources officielles. L’alerte a été donnée après qu’un haut fonctionnaire du conseil national du cacao et du café ait déclaré à l'agence de presse Reuters que la production de l’année 2012, devrait tomber de quelque 10 à 15% par rapport au record de 240 000 tonnes l'an dernier. « Il y a eu une baisse très importante à la récolte de cette mi- saison », ont déclaré des cacao-culteurs de la zone de Bafia, dans la région du centre, l’une des grosses zones de production de cette matière première. En moyenne, les prix payés aux agriculteurs ont augmenté de 800 francs CFA par kg en Juin, à 900 francs CFA pour le mois de juillet 2012. Une hausse principalement due au fait que le marché a offert très peu de cacao par rapport à la demande escomptée pour cette période. Mais la hausse ne concerne pas toutes les zones de production. À Kumba dans le sud-ouest du pays, il y a même eu une légère baisse, le kilogramme étant parti de 1000 FCFA à près de 960 FCFA. Il y a quelques jours, des officiels ont fait savoir que les récoltes de cacao au Cameroun pour la saison 2011/2012, risquerait de chuter, ce qui a créé l’effet d’un achat massif de la part des opérateurs. La baisse avait néanmoins été anticipée par l’office international du cacao et du café, qui prévoyait des prévisions de récolte pour un total de 200 000 tonnes.

Le séchage du cacao est très souvent artisanal et fait perdre beaucoup dans la récolte
La saison cacaoyère au Cameroun court du mois d’août au 31 juillet de l’année suivante, avec des plus grosses récoltes entre octobre et février de l’année suivante, et une campagne de mi saison en mai-juin. Cette année, il y a eu très peu de fèves, en raison de la faiblesse de la production. Pour la première fois depuis longtemps, la saison sèche s’est étalée sur une période qui aura débordé d’un mois, empêchant les plantes de fleurir rapidement. D’un autre côté, de nombreuses attaques de chenilles et autres insectes, ont plombé la récolte de mi- saison. « Comme vous le savez, la punaise des bourgeons est un insecte qui s’accroche aux plants de cacao et détruit toute possibilité d’avoir une bonne récolte. Cette crise sur la production de cacao tranche net avec les commentaires optimistes des responsables de la société de développement du Cacao, qui en fin juin 2012, ont fait état d’un hausse de la production en raison de l’introduction de nouvelles cabosses. Malgré l’accroissement de la demande mondiale, le cacao camerounais peine à redevenir compétitif. «Plusieurs raisons peuvent être mises en cause. Déjà au niveau de l’encadrement technique. La filière cacao est gérée par deux ministères. Celui de l’agriculture logiquement, mais aussi celui du commerce dont le rôle reste à démontrer. D’un autre côté, la production est encore laissée entre les mains de très petits producteurs, qui sont du coup très fragiles face à de fortes adversités. Une entreprise comme la Sodecao a un rôle et une portée limités et du coup on ne peut véritablement avoir une stratégie pertinente d’accroissement de la production », affirme le technicien rencontré.

