Chronique: Peut-on sauver le football camerounais?

Par Etienne Fréjus Tchana - 25/07/2012

Nous pensons que oui, puisque la première ressource à savoir le talent, aussi bien des joueurs que des managers, est disponible. Ne manque que la décision salvatrice...

 

Combien de chroniques faudra-t-il encore écrire pour voir le mal qui mine notre football être à tout le moins ébranlé dans sa progression? Quelle quantité de larmes les fans de notre football désormais de moins en moins nombreux au demeurant, verseront-ils encore sur le football camerounais? Quel antidote convoquera-t-on enfin pour arrêter la descente lente et douloureuse aux enfers? Faut-il même encore simplement en parler?

Dans notre précédente chronique sur l’amateurisme qui caractérise la gestion du football «professionnel» chez nous, nous indiquions déjà quelques pistes basées pour l’essentiel sur l’assainissement du milieu. Ce qui demande, il faut bien le dire, une certaine compétence. Le principal problème de notre football est lié à la personnalité de nos dirigeants. Eux qui souvent, arrivent dans le milieu du football sans aucune formation spécifique, surtout pour ce qui est du management. Les problèmes du football camerounais se sont multipliés avec l’explosion du secteur au niveau international, mais bien malin qui pourrait déceler ne serait qu’un programme de développement quinquennal au niveau de la Fédération. C’est la navigation à vue d’autant plus qu’à côté des vrais programmes, ce sont des replâtrages et des initiatives inappropriées ou mal exécutées qui ont pignon sur rue. A la grande fierté de leurs initiateurs et au grand dam de tous les amateurs de foot et autres entrepreneurs désireux d’investir ce champ ailleurs fructueux de l’activité sportive.

 

© sam-football.fr
Peut-on sauver le football camerounais?

Résultat des courses, notre seul représentant en Coupes africaines a été bouté hors de la compétition le week-end dernier. Après Union sportive de Douala, Unisport du Haut-Nkam et les Astres de Douala en effet, Coton Sport a trébuché dimanche dernier à Khartoum. Emportant dans sa chute tous nos espoirs de trophée et de fierté là où, voici une trentaine d’années –déjà- nous donnions le tournis à nos adversaires continentaux au point de passer pour de véritables sorciers. Ce ne sont pas les Congolais ou les Nigérians pour ne parler que d’eux qui nous démentiront. Depuis et alors que nous dormions sur nos lauriers, les autres nous ont damé le pion, non parce que le talent manquait à nos joueurs, mais, plus du fait que l’incompétence avait désormais fait son lit dans les instances dirigeantes du Minsep, de la Fecafoot et surtout des clubs.

Faut-il donc en pleurer? Que non! Simplement travailler à redorer notre blason en commençant par l’humilité qui n’est pas la chose la mieux partagée chez nous. Reconnaître que nous sommes désormais au fond du trou nous aidera sans doute à mieux peaufiner une stratégie de remontée. Pour cela il nous faudra des personnes capables de nous aider à arracher le feu sacré du succès certes. Mais il nous faudra également l’environnement idoine qui ne devra plus s’encombrer de ceux qui sont aujourd’hui aux affaires et qui ont assez compromis l’avenir du sport-roi en se compromettant eux-mêmes. Nettoyer l’administration des clubs, en appliquant les préceptes du professionnalisme, pourrait être par exemple un bon début avant une réflexion sur l’avenir en diagnostiquant le présent.

Sauf qu’avec cette proposition, nous savons bien qu’il y aura du mal à la mettre en place pour toutes sortes de raisons. La première étant que le football n’est pas un coin isolé d’un pays où le progrès fait peur pour parler le moins et où les intelligences ne sont pas toujours convoquées à bon escient ou dans le sens de l’intérêt collectif. Ce d’autant plus que nous savons les joies que des individus devenus depuis des figures incontournables ont engrangées sans effort aucun et qu’ils ne sont pas enclins en cette heure précise d’abandonner quoiqu’il puisse en coûter à notre football. La question du choix du sélectionneur est un bon poste d’observation pour comprendre de quoi nous parlons.

La phase aller du championnat Mtn Elite One s’est achevée le 23 avril dernier, pour ne reprendre que le 8 juillet 2012. Il aura donc fallu 76 jours pour que les joueurs du championnat d’élite retrouvent le chemin des stades. Avant cette longue trêve, l’intersaison a mis presque six mois, c’est à dire du 24 juillet 2011 au 12 janvier 2012. On ne le dira jamais assez, la saison sportive est similaire à une année scolaire ou académique. Elle s’étale entre deux années sur neuf mois. Mais au Cameroun, même à l’heure de la «professionnalisation» de notre football, on continue à vivre dans un amateurisme total. Tout ceci parce que l’on a voulu faire un football professionnel à la camerounaise. Faut-il positiver alors? Nous pensons que oui puisque la première ressource à savoir le talent, aussi bien des joueurs que des managers, est disponible. Ne manque que la décision salvatrice.

 





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