JO de Londres: Que risquent les sportifs Camerounais en fuite?
Par Etienne Fréjus Tchana - 16/08/2012
Avant le début des JO, l’office de l’immigration britannique a pris des mesures dissuasives qui n’ont pas découragé les Camerounais
Bien avant le début de ces JO 2012, l’office de l’immigration britannique craignait que 2% des sportifs, des officiels et des fans, notamment d’origine africaine et moyen-orientale, ne profitent de leur présence pour réclamer l’asile, ou pour «disparaître» et rester clandestinement en Europe. Soucieux d’éviter cet afflux d’immigrés illégaux, le gouvernement britannique avait pris des mesures strictes concernant les 20 000 personnes non issues de l’Union Européenne ayant obtenu un visa de six mois pour les Jeux: interdiction formelle de se marier, d’entamer des études ou de prendre un emploi durant le séjour. Et les visiteurs doivent prouver qu’ils ont assez d’argent pour s’entretenir pendant six mois et payer le billet de retour. Empruntes digitales et scanner facial sont également prévus à l’arrivée. Des mesures qui n’ont visiblement pas découragé les sept athlètes camerounais qui ont pris le risque de partir du village des JO, certains avant même l’entame des compétitions.

Le président du Comité national olympique et sportif camerounais (Cnosc) Kalkaba Malboum
Interpellé vendredi 10 août dernier sur les ondes de la CRTV en tant que chef de la délégation du Cameroun aux JO, le président du Comité national olympique et sportif camerounais (Cnosc) Kalkaba Malboum, tout en regrettant l’acte de ses compatriotes, a dit les comprendre «je comprends ces athlètes quelques fois quand ils partent, parce qu’ils n’ont pas l’environnement qui correspond à leurs espérances». Alors qu’on l’attendait courroucé, le président de la Confédération africaine d’athlétisme, s’est plutôt montré très compréhensif, prenant pratiquement le parti de ses protégés, indiquant clairement qu’au Cameroun ceux-ci manquent de «conditions d’entrainement, de vie, des mesures sociales…». Ce dernier a souhaité le meilleur pour ces athlètes qu’il veut voir revenir compétir sous les couleurs du Cameroun. «J’espère que ces athlètes vont garder le nationalité camerounaise pour s’entraîner dans de bonnes conditions en Europe, continué à honorer notre pays et faire la compétition pour le Cameroun», a-t-il expliqué. Seule crainte de Kalkaba Malboum, la récupération par les pays occidentaux de ces fuyards.
Jackie Brock-Doyle, responsable de la communication du Comité olympique camerounais de Londres a néanmoins tenu à rappeler que jusqu’ici, aucun délit n’avait été commis par les athlètes camerounais qui disposent de visas valides jusqu’en Novembre: «Ils ont des visas pour rester dans ce pays jusqu'à novembre, donc à ce stade, ils n'ont rien fait de mal», a-t-elle déclaré, démentant par ailleurs une rumeur de demande d’asile. Junior Binyam, responsable de la communication de la Fecafoot, a quant à lui déploré que les sportifs se servent des JO pour arriver à leurs fins: «Ils (les sportifs) ont le droit d'avoir leurs rêves. Ils ont le droit de se donner les moyens de réaliser leurs rêves mais ils ne doivent pas utiliser les moyens de l'Etat du Cameroun pour le faire (...) Les Fédérations (sportives) ne sont pas là pour servir de pont à l'immigration», a-t-il déclaré à l’AFP.

