Projet de Fonds de garantie aux PME: Une initiative longtemps attendue
Par Idriss Linge - 21/08/2012
Cet avis est celui d’un ingénieur financier qui estime que l’idée est d’autant plus pertinente, qu’elle accorde une bonne place au conseil des entreprises
Commentant l’appel d’offre faite par le gouvernement en vue réaliser une étude pour la mise en œuvre d’un Fonds de Garantie pour les Petites et Moyennes entreprise, Willy Heubo, ingénieur financier chez BMCE Capital (Banque marocaine du commerce extérieur), a fait savoir que c’était une « importante voie dans laquelle s’engageait le gouvernement camerounais ». « Cela fait depuis trop longtemps que c’était attendu. Remarquez que notre tissu économique est constitué à 90% de Petites et Moyennes Entreprises, mais celles-ci n’ont pas facilement accès aux financements. Si le gouvernement y parvient, à priori, il devrait pouvoir permettre de contourner l’une des principales conditions d’accès au crédit bancaire au Cameroun, celui d’avoir des fonds propres », explique l’expert. L’expert s’est aussi félicité de ce que dans sa démarche, le gouvernement accorde une importance au conseil des potentiels bénéficiaires de la garantie. « Il est vrai que l’environnement des affaires peut exercer des contraintes sur la viabilité d’une petite entreprise, mais je pense à titre personnelle et sur mon expérience, que de nombreux projets gros ou petits en Afrique, s’estompent en raison de la qualité managériale de leurs promoteurs. Avoir pensé à un mécanisme qui servira à faire le conseil c’est extrêmement important et c’est vraiment une opportunité que devra saisir le milieu des affaires dans notre pays », a indiqué monsieur Heubo

Le gouvernement veut aider les petites et moyennes entreprises au Cameroun
C’est le 08 août dernier qu’on a appris la volonté du gouvernement de mettre sur pied le FOGAPME dont le rôle sera d’apporter un soutien supplémentaire au financement de l’économie, notamment le secteur des PME (Petites et Moyennes Entreprises). Ce fonds, selon les termes de référence de l’avis portant sur l’étude de sa mise en œuvre, devra « nécessairement disposer en son sein d’un fonds d’aide au conseil pour l’assistance des promoteurs dans l’élaboration des dossiers bancables auprès des banques commerciales ». Pour l’essentiel, le gouvernement qui a retenu restrictivement trois consultants pour la manifestation d’intérêt, souhaite avoir des propositions sur la forme des deux institutions, leurs modalités d’interventions, la politique des taux d’intérêt appliquées et un chronogramme de mise en œuvre de chacune des structures. Les défis de la consultation risquent d’être nombreux. L’environnement du crédit au Cameroun est marqué par l’incertitude liée à l’absence d’une concurrence saine, une pression fiscale importante, et un ratio de crédit inter organisations en deçà des standards. Le gouvernement camerounais a pris des mesures visant à faciliter la création et les premiers fonctionnements des PME, mais il existe encore trop de goulot d’étranglement. De leur côté, les banques refusent encore de prendre des risques. Aussi, les factures tardent à être payées, en premier lieu au niveau de l’Etat qui doit jusqu’à 500 milliards de FCFA de dette intérieure, dont certains depuis 5 ans. le gouvernement a décidé de ramener les délais à 60 jours, sans modifier la politique de recouvrement fiscale, qui est permanente et truffé de pénalités. Enfin pour couronner le tout, la justice souffre soit d’incompétence, soit de partialité. Le niveau, la forme et la pertinence du FOGAPME en gestation devraient prendre en compte tous ces facteurs et bien d’autres.

