Kalwé Job: Un volontaire au service de sa communauté

Par Paul-Joël Kamtchang - 11/07/2013

Sa seule motivation sont les vies qu’il sauve. A pied comme à vélo, il parcourt les cases de sa contrée à la recherche des malades, les traite et les oriente sans rien attendre en retour

 

Moins formé que certains professionnels de la santé, sa seule volonté lui permet au quotidien d’être à la hauteur des sollicitations. Les 390 âmes qui vivent dans le village Balamé situé à 47 km de Garoua, n’ont qu’un seul tombeur de maladie, Kalwé Job. En 2011, alors qu’il acquiert le statut d’Agent relai communautaire (Arc), il n a qu’un seul vœu, aider la petite communauté essentiellement composée de Tupuri qui l’a élu, à barrer la route à l’ignorance et à rechercher le bien-être des siens. Grace aux rudimentaires reçus et qualifiés d’insuffisants, il assiste les habitants de son village en matière de councelling, de paludisme, de maladies dues à la consommation d’eau et aliments souillés, la supplémentation en vitamine, l’anémie et bien d’autres maladies pouvant tuer les plus ignorants. Il est au chevet des malades et conseille les biens portants. 

 

© journalducameroun.com
Kalwé Job, un volontaire au service de sa communauté
Avec son vélo offert par le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), il parcourt les cases, va jusque dans les champs en vue de s’assurer de l’état de santé des siens. Avec cette détermination, beaucoup de choses ont changé depuis 2011. En effet, 204 cas de palu ont été guéris contre 17 référés au centre de santé de Lamoudam à 7 km de là. 23 cas de malnutrition détectés et traités, 116 victimes d’infection respiratoire qui ont recouvert la santé contre aucune évacuation. Une prouesse saluée aussi bien par ses congénères que le chef du village, Taiwé Ernest. Gêné, il se souvient que le peuple "pour lui témoigner sa gratitude", s’organise de temps en temps pour effectuer des travaux dans son champ. "Il est arrivé qu’on cotise 100 Fcfa par famille pour permettre à Job de faciliter ses déplacements". Une situation qui illustre la précarité de son travail, car, Job n’est pas rémunéré. Cependant, cette âme de bonne volonté ne s’en préoccupe pas. Une mère de 9 enfants nous confie qu’avant l’arrivée de Job, elle ne faisait jamais des visites prénatales avant 7 mois de grossesse. Mais avec l’assistance et les conseils de Job, la consultation du médecin débute dès le premier mois. Un changement qui étend son onde de choc sur tous les bébés du village. L’un des nourrissons de 6 mois a d’ailleurs surpris l’assistance par sa santé solide. "Pour une région touchée par la malnutrition, voir un bébé comme celui-ci relève du miracle ici" confie un accompagnateur.

 

Cette situation aussi satisfaisante qu’elle semble avoir l’air, se fait au prix de nombreux sacrifices. N’ayant pas de moyens pour se consacrer uniquement à cette tache, même quand il est au champ, Job est toujours sollicité. Obligé d’abandonner ses travaux pour courir après un cas de maladie, il n’a ni suffisamment le temps matériel pour se consacrer à ses champs encore moins, de l’argent pour subvenir aux besoins de sa petite famille. A 45 ans, cet homme au grand cœur voudrait bien accentuer son travail mais les barrières financières ne lui donnent malheureusement pas d’autres choix. Or, il se trouve qu’il faut une sensibilisation plus accrue notamment pour les femmes qui accouchent à la maison avec tous les risques que cela comportent. Ce fléau reste le plus récurrent dans toute la région. La construction des latrines pour briser les barrières culturelles et préserver la santé de tous, l’approvisionnement des villages en médicaments urgents et essentiels restent les défis primordiaux de Job.

Localisation
Balamé est situé dans l’aire de santé de Lamouden à 7 km de celui-ci. Ce centre de santé doit veiller sur 11 000 âmes et 7 villages dont le plus lointain est à 17 km. 10 agents relais communautaires travaillent dans cet espace dans le but de rapprocher les malades de l’hôpital. Les autorités sanitaires se réjouissent ici de savoir que la couverture vaccinale a atteint un taux de 90%. Situé dans la région du Nord, une attention particulière devrait être accordée à cette localité où l’ignorance tue plus que la maladie.




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