Justice: L'affaire Laurence Vergne attend le président camerounais à Paris

Par Idriss Linge - 20/07/2009

La famille de la chercheuse française tuée au Cameroun en 2007 s’accroche pour que justice soit faite

 

L’affaire avait fait couler beaucoup d’encre dans la presse camerounaise, mais surtout beaucoup de larmes à la famille et aux proches de Laurence Vergne 31 ans, biologiste française a été tuée par balle à Yaoundé, alors qu’elle y était allée pour travailler sur des thérapies contre le Sida. Aujourd’hui deux ans après et malgré les engagements pris par le président devant la famille de Laurence Vergne lors de sa visite en France en octobre 2007, les proches de la victime sont inquiets à l'idée que ce crime subisse le même sort que de nombreux autres restés sans suite depuis plusieurs années au Cameroun. Pourtant toute la classe politique camerounaise avait été touchée par cette affaire.

Retour sur les faits
Le 6 janvier 2007, Laurence Vergne, originaire de Dordogne, raccompagne une amie à son domicile, à Yaoundé (Cameroun). Elles se retrouvent face à un groupe de cambrioleurs qui cherchent à s'introduire dans la maison. L'un d'eux tire sur Laurence avec son fusil et la tue. Depuis 2005, cette chercheuse à l'Institut français pour la recherche et le développement (IRD) vivait à Yaoundé. La famille de Laurence et son compagnon se sont portés partie civile en octobre 2007 pour savoir ce qui s'est passé.

À l'occasion de la visite officielle du président camerounais à Paris dès ce 21 juillet, la famille Vergne espère que le sujet pourra être mis sur la table. Nous n'avons aucune information sur l'enquête menée là-bas, déplore David Lebœuf. Silence radio côté camerounais. Les neuf personnes incarcérées dans les jours qui ont suivi la mort de Laurence auraient été libérées en décembre dernier. Côté français, un juge d'instruction travaille sur cette affaire depuis 2007. Les parties civiles n'ont pas d'informations sur l'enquête. Elles croient savoir que trois suspects ont été identifiés mais ces derniers n'ont pas été entendus. Au-delà de l'enquête, la famille se sent abandonnée par les autorités françaises. Ils sont écœurés de cette absence de suite dans la recherche des coupables. Les multiples courriers adressés au président Sarkozy, au siège du ministère français des relations extérieures et au ministère français de la justice ont donné lieu à une réponse qu’ils ont jugée laconique. La famille ne baisse pas les bras pour autant.

 

© F. Labrouillère
Laurence Vergne
Il est hors de question d'abandonner
Famille de la victime


D’après une information rapportée par le journal français Ouest France, contacté, le ministère français des Affaires étrangères affirme que la commission rogatoire internationale sollicitée par le juge d'instruction français en novembre 2008 aurait été accordée seulement en avril 2009. Cette commission devrait permettre aux enquêteurs français de venir sur place au Cameroun et d'avancer. Nous n'avons aucune information officielle de ce côté-là, regrette la famille. L’avocat de ces derniers se demande si les raisons diplomatiques ne primeront pas sur la recherche de la vérité dans la mort d'une coopérante française. Il n'y a aucune volonté de blocage de notre part, affirme le Quai d'Orsay. De fait les autorités françaises n’entendent pas bousculer leurs homologues camerounais. Le Cameroun depuis la disparition récente de Bongo est resté un interlocuteur des plus fiables et stables dans la zone du golfe de guinée.

Mais une chose est sûre: ni les parents, ni la sœur, ni le compagnon de Laurence ne baisseront les bras. On a besoin de cette vérité pour nous reconstruire, affirmaient-ils encore récemment.




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