Blick Bassy donne le ton du festival des musiques du monde

Par la-croix.com - 18/07/2016

Entre registres intimistes et envolées festives, la chanteur et guitariste camerounais installé depuis huit ans en France évoque sa culture d’origine, soucieux de transmission et de création

 

C’est une journée très particulière, « traumatisée » par l’attentat de la veille à Nice (14 juillet 2016, Ndlr), ce vendredi 15 juillet, où le vent souffle comme rarement en été sur la cité d’Arles. Dans le cadre d’ordinaire apaisé de la cour de l’ancien archevêché dominé par la tour romane de l’abbatiale, Blick Bassy partage un de ces moments qui donnent le ton du festival des musiques du monde, Les Suds : entre registres intimistes et envolées festives.

Lunettes blanches, de noir vêtu, l’artiste chante un blues aérien, moins rugueux que celui de ses lointains cousins du delta du Mississippi. Accompagné par un violoncelliste et un tromboniste, Blick Bassy évoque de sa voix tranquille sa culture africaine d’origine, inspiré qu’il a été par la photo de l’Américain Skip James (1902-1969) entré dans les mémoires, guitare à la main.

Deux albums singuliers
Le blues des Amériques a ramené le nomade chez lui. Blick Bassi, la quarantaine, a quitté le Cameroun pour la France il y a huit ans, musicien connu au sein du groupe Macase. Il lui a fallu repartir comme un débutant, reconnaît-il. Il joue alors dans des salles parisiennes, avant d’enregistrer deux albums singuliers (Léman, puis Hongo Calling).

 

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Blick Bassy.
Le chanteur et guitariste se souvient alors avec nostalgie de ces musiciens ambulants qui, dans son enfance, faisaient le tour des villages du centre du Cameroun. « Souvent le seul événement annuel venu de l’extérieur », raconte Blick Bassy. Son père l’avait envoyé vivre ainsi à un autre rythme.

De ces souvenirs est né l’album Akö (label No Format), référence au surnom que se donnent les vieux villageois entre eux. Chantés en anglais et en langue bassa, une des 260 langues du pays, les titres évoquent la transmission entre générations, l’exode rural, et surtout, la force de l’amour.

Un spectacle enraciné qui s’exporte
« Je veux traduire la grandeur de l’âme humaine en ces temps où l’intériorité est menacée par la violence », évoque l’artiste. « J’écris de la musique contemporaine où domine le sens des valeurs. Éloigné de l’image traditionnelle de l’artiste africain jouant sur ses percussions », confie-t-il.

Depuis, son spectacle enraciné s’exporte. De la République tchèque aux Pays-Bas, au Japon. Cette année fut également marquée par la publication, chez Gallimard, de son premier roman, Le Moabi Cinéma. Blick Bassy y retrace le rêve d’Occident d’un quintet de jeunes camerounais. La force des mots qui déjouent les blessures du temps et des exils.





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