La société civile pour l’adoption de mises en garde imagées sur les paquets de cigarettes

Par Eugène C. Shema - 12/08/2016

La mesure, qui devrait remplacer les avertissements sanitaires textuels, sera proposée au gouvernement, a informé jeudi la Coalition camerounaise contre le tabac

 

L’avertissement sanitaire textuel «le tabac nuit gravement à la santé du fumeur et de celle de son entourage», affiché sur les paquets de cigarette au Cameroun depuis juin 2007, pourrait bientôt être remplacé par des avertissements graphiques présentant les conséquences du tabac sur des parties du corps humain. C’est du moins ce qu’espère la Coalition camerounaise contre le tabac (C3T), que dirige le Dr Flore Ndembiyembe, dans le cadre d’un plaidoyer qu’elle compte mener “dans les prochains jours” auprès du gouvernement. Objectif: amener le ministère de la Santé publique et le ministère du Commerce à signer un arrêté ministériel conjoint dans ce sens.

“Les étiquettes de mise en garde sous forme d’illustrations graphiques ont un impact plus important que les étiquettes qui comportent uniquement du texte et peuvent être reconnues aussi bien par un public analphabète que par les enfants, deux groupes de population vulnérables”, rapporte le Centre de ressources internationales, une institution de l’Initiative mondiale Bloomberg pour la réduction du tabagisme.

L’idéal serait d’arriver au conditionnement neutre, qui impose aux industriels de commercialiser les produits sans logo, ni dessin, couleur ou texte promotionnel du cigarettier. “Ce n’est pas facile. L’expérience a montré qu’il n’est pas facile de passer des avertissements sanitaires textuels au conditionnement neutre. Il faut aller progressivement”, a indiqué la C3T jeudi à Yaoundé, au cours d’un point de presse. Tous les pays de l’Union européenne, et certains pays africains (Burkina Faso, Sénégal, Tchad, entre autres) sont déjà passés aux illustrations graphiques. L’Australie, quant à elle, a été le premier pays à adopter le conditionnement neutre, en décembre 2012.

“Notre vecteur de communication final auprès de nos fumeurs est le paquet lui-même. En l’absence de tout autre message marketing, notre emballage (...) est l’unique moyen de communication de l’essence de notre marque. En d’autres termes: lorsque nous n’avons rien d’autre à notre disposition, notre emballage est notre marketing”, rapporte un cadre de la multinationale Philip Morris dans un document édité en février 2011 par le Centre de ressources internationales. Emballage qui est aujourd’hui dans le viseur des organisations antitabac.

 

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Un paquet de cigarettes avec des avertissements sanitaires graphiques. (Image pour illustration)
Grands cigarettiers, petites cibles
La C3T a révélé qu’elle compte mener ce plaidoyer auprès du gouvernement camerounais au cours d’un point de presse organisé jeudi à son siège à Yaoundé. Ladite rencontre avait pour objectif premier la présentation des résultats de l’enquête menée dans la capitale du Cameroun par la Coalition, dans le cadre du projet Tobacco Industry Accountability.

Le rapport de cette enquête, intitulé “Grands cigarettiers, petites cibles. L’industrie du tabac cible les écoles au Cameroun,” a été menée dans les sept arrondissements de la ville de Yaoundé. Elle expose des “tactiques” mises en oeuvre par les industriels pour “commercialiser, promouvoir et vendre leurs produits aux jeunes dans les écoles”.

“S’agissant de la vente, l’étude révèle la présence de 173 points de vente des produits du tabac dans un rayon de 100 mètres autour des 20 écoles enquêtées, soit une moyenne de 09 par école. 85% des écoles enquêtées ont des points de vente très proches et visibles depuis le portail. Tandis que 95% des établissements scolaires étudiés ont dans leurs environs des négoces vendant des cigarettes à l’unité”, note-t-on.

A la lumière de la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), que le Cameroun a ratifiée en 2006, la Coalition “propose” au gouvernement: d’interdire “toutes formes de publicité, de promotion des produits du tabac et toutes formes de parrainage par l’industrie du tabac”; l’interdiction de l’affichage, et de la vente, des produits du tabac dans et autour des écoles.

L’enquête a été financée par Campaign for tobacco Free Kids (CTFK), mise en oeuvre par l’Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (Acta) et son partenaire au Cameroun: la C3T.




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