Pascal Siakam, un Camerounais en NBA

Par RFI - 26/10/2016

Les premiers pas du basketteur âgé de 22 ans, ailier fort des Toronto Raptors, sont à suivre ce mercredi à 23h30, lors d’un match qui les opposera à l’équipe de Detroit Pistons

 

Le championnat américain de basket-ball débute cette nuit avec le champion en titre, les Cleveland Cavaliers, face aux New York Knicks.

Cette saison 2016/2017 sera aussi l’occasion de voir évoluer de nouveaux basketteurs africains en NBA. Le Camerounais Pascal Siakam a été drafté lors de la trêve estivale par les Toronto Raptors. Découvrez l’étoile montante du basket-ball camerounais.

Pascal Siakam n’a que 22 ans et pourtant il va faire ses premiers pas avec l’équipe NBA des Toronto Raptors. C’est la surprise de la Draft 2016. Les Toronto Raptors, qui avaient deux choix lors du premier tour, ont parié sur Pascal Siakam, choisi en 27e position. Il est le troisième Camerounais présent pour cette saison 2016/2017 avec Joel Embiid et Luc Mbah a Moute.

De Douala à… Luc Mbah a Moute
Pascal Siakam est né à Douala le 2 avril 1994. Issu d’une famille de six enfants, Pascal Siakam a trois frères et deux sœurs. Il a vécu sa jeunesse à Douala. Une enfance somme toute heureuse : «Mes parents ont toujours tout fait pour que nous ayons le nécessaire. Ma vie a été plutôt normale, j’ai étudié dans un internat à Bassa, pas très loin de Douala. Mon enfance a été heureuse, parce qu’en Afrique, c’est toujours la joie, malgré tout ce qui peut se passer», s’enthousiasme Pascal Siakam, au micro de RFI.

Des études qui auraient pu le mener à une carrière de… prêtre. «A Bassa, je suis allé dans un séminaire, une école pour prêtres catholiques, où j’ai passé mes années de lycée. Mon père aurait voulu que je fasse carrière, mais moi je pense que j’avais une autre voie à prendre», affirme le joueur camerounais.

Pascal Siakam va donc s’essayer au basket-ball à Douala, au camp du joueur NBA Luc Mbah a Moute. «J’y suis allé avec des amis pour m’amuser. J’avais environ 15-16 ans. C’était ‘fun’. Ensuite, je suis parti dans un camp en Afrique du Sud, où j’ai parlé avec des joueurs comme Serge Ibaka, Luol Deng, Luc Mbah a Moute… des joueurs africains qui ont pu réussir en NBA», précise le basketteur qui nous révèle que ce fut cet instant qui a tout fait basculer. «Cela a été un déclic. A partir de là, j’ai commencé à penser que c’était possible de faire une carrière de basketteur.»

A la conquête des Etats-Unis
Après l’Afrique du Sud, c’est direction les Etats-Unis. Pour les études, mais également pour le basket-ball. Pourtant, Pascal Siakam n’a pas vraiment d’idole dans ce sport. «Quand j’étais au Cameroun, je n’avais pas accès aux vidéos des matches, c’est seulement en arrivant aux Etats-Unis que j’ai pu en voir. Et du coup essayer d’imiter et d’apprendre de ce que je voyais», souligne l’athlète camerounais.

Pascal Siakam s’adapte rapidement à la vie américaine, grâce notamment à l’appui de ses frères, James, Christian et Boris, qui habitent déjà aux Etats-Unis. Surtout le jeune camerounais veut étudier et ne pas se concentrer totalement sur le basket-ball. Toutefois, un coup de pouce du destin va mener l’étudiant sur les parquets. «Pour avoir une bourse, j’ai décidé de prendre le basket. Je me suis pris au jeu et j’ai commencé à travailler dur», concède Pascal Siakam.

L’adaptation aux Etats-Unis a été rapide, mais semée de quelques embûches. «L’anglais a été ma principale difficulté. Au Cameroun, on apprend surtout le français. Ensuite, la culture, la manière de vivre et l’alimentation sont totalement différentes. On accepte la situation et on s’adapte», admet le basketteur camerounais.

Côté basket-ball, l’intégration n’est pas forcément facile. «Je n’étais pas qualifié pour des raisons bureaucratiques pour la première saison. Donc, je n’ai pu que m’entraîner et apprendre en regardant et en essayant d’imiter les gestes des autres. Ça a été une période compliquée. Je ne voulais pas regarder, je voulais jouer, mais je ne pouvais pas», assume Pascal Siakam.

 

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Pascal Siakam, photo d'illustration
Toronto Raptors, la porte pour la NBA
Durant deux saisons universitaires (NCAA), il va faire le bonheur de l’équipe des New Mexico State Aggies. En 2014-2015, il dispute 34 matches, finissant avec une moyenne de 12,8 points et 7,7 rebonds par match. A ce moment-là, il pense déjà une première fois à la draft, mais préférera rester une année de plus chez les Aggies. C’est la bonne pioche, Pascal Siakam joue 34 rencontres en tant que titulaire, terminant avec 20,2 points et 12,8 rebonds par match. L’occasion rêvée pour se présenter devant la NBA.

«Je me suis jeté à l’eau. J’étais plutôt confiant, car ma deuxième saison avait vraiment été bonne, j’étais déjà à un autre niveau. Je me disais tout simplement que je pouvais jouer avec n’importe qui. J’étais gonflé à bloc parce que j’avais travaillé dur pour en arriver là», insiste Pascal Siakam.

Être la surprise de la draft ne le dérange pas plus que ça. «Moi ça me motive. J’ai envie de montrer aux gens que je peux jouer en NBA. Ce n’est pas un problème d’avoir été la surprise», assure le basketteur camerounais. Et les Toronto Raptors, est-ce la bonne option pour lui ? Pascal Siakam n’hésite à aucun moment : «Il y a une très très bonne organisation. Le staff est au top. C’est le haut niveau ici. C’est excellent de travailler avec cette équipe, surtout qu’ils s’occupent vraiment bien de leurs joueurs. L’atmosphère et la ville de Toronto me plaisent énormément», affirme le jeune athlète. Il réfute d’ailleurs l'idée que le manager général des Toronto Raptors, le Nigérian Masai Ujiri, ait influencé son arrivée dans l’effectif de l’équipe canadienne.

Gagner sa place en NBA
Celui qu’on compare déjà au Congolais Bismack Biyombo et au Camerounais Luc Mbah a Moute, ne veut pas entendre parler des autres joueurs. «Je ne veux pas être comparé. Ce sont de très grands basketteurs, mais moi je veux me faire mon propre nom», souligne le basketteur des Toronto Raptors.

Sur cette première saison, l’objectif principal de Pascal Siakam sera de gagner sa place dans l’équipe. «Je sais qu’ils m’ont recruté parce que je cours vite, je suis athlétique, je peux mettre des paniers et je peux défendre. Ce sont mes caractéristiques et ils vont s’appuyer dessus. Mon rôle n’est pas encore défini, mais quand on fera appel à moi, je ferai tout pour correspondre à ce que l’équipe veut de moi», concède l’athlète qui veut convaincre. «Je veux prouver qu’ils ont fait le bon choix en me prenant.»

Les premiers pas de Pascal Siakam, ailier fort des Toronto Raptors, sont à suivre dès ce mercredi à 23h30. Pour leur premier match, les Canadiens vont affronter les Detroit Pistons, et le Camerounais pourrait entrer sur le parquet, car le titulaire au poste d’ailier fort, l’Américain Jared Sullinger, est blessé.

Le Cameroun classé 166e par le "Doing Business" de la Banque mondiale
Le Cameroun figure au 166ème rang, sur 190 pays étudiés, dans le classement «Doing Business 2017» sur le climat des affaires publié mardi par la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale.

Le pays, qui se situait à la 172ème place sur 189 économies évaluées un an auparavant, gagne ainsi une place dans cet indice grâce à des améliorations dans les domaines de l’obtention du permis de construite et du raccordement à l’électricité.

Il est stable dans les domaines du commerce transfrontalier et le respect de l'exécution des contrats.

Le Cameroun régresse par contre dans les domaines du démarrage des activités, de l’enregistrement de la propriété, de l’obtention du crédit bancaire, de la protection des investisseurs minoritaires, du paiement des impôts, et de la capacité à apporter des solutions à l'insolvabilité des entreprises.




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