Burundi: l'opposition récuse le facilitateur africain

Par Anadolu Agency - 14/12/2016

L'opposition accuse Benjamin Mkapa d'avoir pris le parti du président burundais Pierre Nkurunziza en reconnaissant la légitimité de son troisième mandat

 

L’opposition radicale burundaise a annoncé qu'elle récusait l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa, en tant que facilitateur dans le conflit burundais.

Cette annonce a été faite dans un communiqué du Cnared (Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit), principale plateforme de l'opposition burundaise.

Le Cnared accuse Mkapa d'avoir pris le parti du président Pierre Nkurunziza lors de sa récente visite au Burundi.

« Lors de votre conférence de presse du 9 décembre 2016, vous avez pris fait et cause pour la violation de la Constitution et de l’accord d’Arusha par Monsieur Pierre Nkurunziza. De ce fait, vous avez nié la nature du conflit qui mine le Burundi depuis le 26 avril 2015, objet même des pourparlers inter-burundais d’Arusha », souligne le Cnared dans le communiqué.

"Par cette négation de la nature du conflit vous avez implicitement mis fin à votre mission de facilitateur. Par la même occasion vous avez dénié au peuple burundais le droit de revendiquer ses droits et pris fait et cause pour son bourreau", note encore le Cnared.

Aucune réaction n'a encore été faite par le bureau du facilitateur au sujet de cette déclaration.

 

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Pierre Nkurunziza
Joint mardi, Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement burundais a, pour sa part, déclaré que "le dialogue se poursuivra sans le Cnared".

Benjamin Mkapa avait déclaré vendredi à l'issue d'une visite de trois jours au Burundi que "le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza était légitime".

Benjamin Mkapa avait été désigné en mars 2016 par la Communauté est-africaine (CEA) comme Co-Facilitateur dans la crise burundaise, à côté du président ougandais Yoweri Museveni, désigné lui-même en juillet 2015 comme Médiateur dans la crise burundaise.

Depuis le début de la crise, aucun facilitateur n’est parvenu à mettre autour d’une même table le gouvernement burundais et ses opposants radicaux. Bujumbura ayant toujours refusé de dialoguer avec ses opposants qu’il accuse d’avoir organisé une tentative de coup d’état en 2015.

Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 310 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), rendu public en novembre.




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