RDC: restriction des réseaux sociaux avant la fin du mandat de Kabila

Par Journalducameroun.com avec l'AFP - 16/12/2016

Les autorités de Kinshasa ont ordonné jeudi un filtrage ou une coupure des réseaux sociaux et des émissions à caractère politique dans le pays à partir de dimanche

 

Le gouvernement RD Congolais a ordonné jeudi, 15 décembre 2016, un filtrage ou une coupure des réseaux sociaux dans le pays à partir du 18 décembre, dernier jour du mandat du président Joseph Kabila à qui la Constitution interdit de se présenter aux prochaines élections.

Trois fournisseurs d'accès ont indiqué à l'AFP avoir reçu une notification formelle de l'Autorité de régulation des postes et des télécommunications (ARPTC) les enjoignant de restreindre l'accès aux réseaux sociaux "à dater du 18 décembre 2016 à partir de 23h59".

La lettre de l'ARPTC transmise à l'AFP par un des opérateurs demande, sans plus d'explication, le "blocage momentané de tous les échanges d'images, des vidéos et de la voix via réseaux" et cite une liste "non exhaustive" de ces réseaux parmi lesquels les plus célèbres : Facebook, Whatsapp, Twitter, Skype, Google+...

"Dans la mesure où le blocage partiel ne sera pas possible, il vous est demandé dès lors de bloquer tout accès intégral aux dits réseaux sociaux", ajoute la note.

Amnesty International a dénoncé une "tentative flagrante de maintenir les Congolais dans l'obscurité à un moment critique". Cette décision "doit être cassée immédiatement", écrit l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué.

Selon quatre opérateurs, les fournisseurs d'accès à internet s'étaient vu présenter oralement les demandes du gouvernement mardi lors d'une réunion avec l'ARPTC et avaient demandé une notification formelle, écrite, de cet ordre.

Lors de cette réunion, les autorités avaient invoqué des raisons de sûreté nationale. Il n'en est pas fait mention dans la lettre.
Néanmoins, "nous allons nous conformer à ce qui nous est demandé", a déclaré un dirigeant du secteur sous couvert d'anonymat, car "cela fait partie de nos obligations" légales et contractuelles.

- 'Il ne se passera rien' -
Selon un autre dirigeant, les autorités avaient averti mardi que la non application des restrictions demandées se traduirait par une révocation de la licence des opérateurs récalcitrants.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Son mandat s'achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. La présidentielle n'ayant pas été tenue à temps, il compte se maintenir au pouvoir au-delà du 20 décembre en vertu d'un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle.

 

© Droits réservés
Ses détracteurs, réunis autour de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, menacent d'appeler à des manifestations dans tout le pays à partir de lundi jusqu'à ce que le chef de l’État quitte le pouvoir.

Les réseaux sociaux sont le mode d'accès à l'internet le plus répandu en RDC, pays parmi les moins développés de la planète, en raison de leur facilité d'emploi à partir d'un téléphone, et de leur coût relativement bas pour une population largement miséreuse.

Depuis 2013, plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans des violences urbaines à caractère politique à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays.

Lors de ces affrontements, les réseaux sociaux ont été le ferment de la mobilisation contre le pouvoir et le théâtre d'une véritable bataille destinée à soutenir les accusations réciproques de crimes que se renvoyaient le pouvoir et l'opposition.

L'appel à manifester lundi contre M. Kabila est pour l'heure suspendu à des négociations menées sous l'égide de l’Église catholique pour trouver un compromis permettant d'organiser une transition politique jusqu'à l'organisation des élections.

Les discussions sont censées s'achever vendredi mais étaient dans l'impasse jeudi soir.

Les évêques envisagent une prolongation des discussions de 24 à 48 heures, mais les vues des uns et des autres semblant très difficiles à rapprocher, l'utilité d'une telle rallonge suscite des interrogations.

Alors que le gouvernement affirme qu'"il ne se passera rien" le 19 décembre et les jours suivants, la communauté internationale craint que le pays, ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003 ne replonge dans une spirale de violence incontrôlable faute d'accord politique d'ici à dimanche.

Au Kasaï-Oriental, province d'origine de M. Tshisekedi, où celui-ci avait obtenu 70% des voix à la présidentielle de 2011, les autorités locales ont interdit la diffusion sur les médias audiovisuels de toute émission à caractère politique jusqu'à nouvel ordre.

En janvier 2015, lors de violentes émeutes antipouvoir, les autorités avaient ordonné une coupure brutale de l'internet pendant 48 heures qui avait complètement paralysé l'économie nationale. Après le rétablissement d'internet, les réseaux sociaux étaient restés coupés plusieurs semaines.




TOUT L'UNIVERS JOURNALDUCAMEROUN.COM

DOSSIERS

Dossiers

PUBLI-REPORTAGES

SERVICES INTERACTIFS

Forums
Petites annonces

Galeries

Photos