Olivier Cheuwa, Haïtien de cœur, Camerounais d’origine

Par Journalducameroun.com, source radiotelevisioncaraibes.com - 19/12/2016

Le chanteur-compositeur s’est produit aux côtés de celui qu’on surnomme le Garou haïtien, Evens Grégoire, dimanche 18 décembre 2016 à l’hôtel Ritz kinam II

 

Le chanteur-compositeur Olivier Cheuwa s’est produit aux côtés de celui qu’on surnomme le Garou haïtien, Evens Grégoire, dimanche 18 décembre 2016 à l’hôtel Ritz kinam II en Haïti. A quelques jours de l’évènement, l’artiste n’a pas caché sa joie d’être dans ce pays qu’il connaît si bien.

Maillot blanc simple, cheveux coiffés, ou décoiffés, dans un style afro, cette petite barbe blanche qui ajoute un air particulier à son visage, Olivier entre sans faire de bruit dans le studio de Magik 9. C’est l’une des premières entrevues de l’artiste qui est arrivé à Port-au-Prince vers 11h ce jeudi matin (15 décembre 2016, Ndlr). Après 20 heures de vol, et bien sûr, le décalage horaire, il est fatigué. Ses accompagnateurs, Meyer Louibert de Concept Event master et sa femme, Nadège Joassaint, s’inquiètent un peu pour lui. « Il ne pourra pas rester longtemps, il est fatigué et ne s’est pas encore reposé », disent-ils afin de s’assurer que l’entrevue ne dure pas trop. Lui, assis tranquillement, ne semble pas s’en formaliser. Il ne laisse paraitre aucun signe d’irritation. D’ailleurs, sourire aux lèvres, il se prête volontiers au jeu, sourit pour la caméra, pose pour les selfies et répond volontiers aux questions.

« Mwen kontan la, pou m wè tout moun m te manke. Sa fè lontan », confie l’artiste dans ses premiers mots. Son créole va plus loin que le traditionnel « S ak pase » que la plupart des étrangers ont appris. Et cela étonne. « Moi, je pense que je suis un Haïtien-Camerounais. Un Haïtien de cœur, Camerounais d’origine », avoue Olivier. Car, « Il est vrai que je suis né au Cameroun, mais j’ai aussi grandi au Canada, ce qui m’a amené à connaître beaucoup d’haïtiens. Je me le rappelle, mon premier mot créole a été "Sak pase". J’aime bien la culture, j’aime bien les repas ».

Originaire du Cameroun, le chanteur né à Yaoundé en 1975 a vécu son enfance là-bas avant d’émigrer au Canada à 16 ans pour compléter ses études en laboratoire médical, comme le voulait son père. Mais gagné par le virus de la musique, il passe outre ce vœu paternel. Les débuts ont été difficiles, mais il a tenu bon. « On ne va pas se le cacher, que tu sois Africain ou Haïtien, quand tu dis à ton père ou à ta mère, j’ai envie de faire de la musique, ce n’est pas gagné d’avance », témoigne celui qui s’est inspiré de modèles tels que Stevie Wonder, Boyz 2 Men et Éric Clapton.

Après plusieurs concours, Olivier Cheuwa remporte le « Hip-hop 4ever 2004 » dans la catégorie R&B et, deux ans plus tard, il rafle le prix de « l’Artiste Émergent de l’année » lors de la 3e édition du « Vibe Awards » à Toronto, magazine musical fondé par le producteur Quincy Jones.

 

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Outre la musique, Olivier s’est aussi mis à écrire des textes. Ayant partagé ses écrits avec un de ses amis, celui-ci lui conseille de commencer à enregistrer. « Alors, je me suis trouvé un studio, je me suis enregistré. Et finalement, j’ai trouvé un producteur qui a diffusé la chanson. D’où la chanson Persévère qui a touché plein de gens », explique Olivier.

Et depuis tout s’enchaîne. « Nouveau départ », son premier album, paraît en 2004. Le succès est au rendez-vous. Olivier Cheuwa remporte le titre de « Meilleur album francophone », à Toronto, lors du Canadian Gospel Music Awards en 2005. Il est aussi nominé au « Kora Awards », en Afrique du Sud, dans la catégorie « meilleur artiste de la Diaspora Afro-USA » en même temps que Will Smith, Mariah Carey, Diane Cameron et 50 Cent. Succès et passion aidant, un peu plus tard l’artiste ajoute quatre autres pièces à sa discographie. « Live à Bruxelles » en 2006, « Mon idéal » en 2009, « en live » en 2011 et « Le retour » en 2013.

La dernière fois qu’il est rentré en Haïti, c’était en 2011. Les ruines du tremblement de terre étaient encore présentes et il a été saisi par la force de caractère et le tempérament de nos compatriotes. « J’étais très touché de voir la force qu’à ce pays. Haïti, c’est beau. Les gens sont fins, sont gentils. Moi j’aime cela. Mwen renmen nou anpil », affirme sincèrement cet homme altruiste, engagé, qui a aussi mis sur pied une association humanitaire, « Soul of Care » (âme qui compatit, en anglais), pour offrir des concerts aux jeunes prisonniers en Afrique.

Mais la première fois d’Olivier en Haïti remonte à beaucoup plus longtemps. Il est venu en Haïti, en 1995. « On a fait tout le Sud. On est allé à Jacmel, aux Cayes et c’était drôle parce que j’étais avec un groupe de Français, on avait un camion qui a eu une panne sur la route et le second plan qu’il y avait, c’était le tap tap. Et on n’avait pas le choix. Alors moi qui sortais du Cameroun, j’ai dit tout naturellement : on prend un tap tap. Et fallait voir les Français qui étaient là : Mais non, tu es certain ? Les tap tap, c’était une belle expérience », raconte joyeusement ce professeur de musique et coach vocal qui s’est établi en Suisse depuis 2011.





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