Ces dingues de pouvoir qui pourrissent la vie à l’Afrique

Par Abdelaziz Mounde - 23/12/2016

Par Abdelaziz Mounde

 

Comment la maladie de la fonction suprême plonge-t-elle une partie de l'Afrique, comme, depuis hier encore, la RDC de Kabila, lequel n'a plus rien à faire au pouvoir, selon la Constitution de son pays, dans le désarroi permanent ? Celle qui atteint ces chefs, obsédés du trône, qui ne veulent pas suivre les bons exemples des voisins et qui sont prêts à vivre sous le sang, la tempête et le chaos pour un seul but : demeurer comme des sangsues à la tête de nos Etats.

On peut tuer par milliers ses compatriotes.
On peut autoriser à la moindre incartade le feu sur les manifestants aux mains nues.
On peut piller par milliards les caisses de l'Etat.
On peut emprisonner par centaines ses opposants.
On peut mener toutes les misères à la société civile.
On peut faire tinter toutes les casseroles d'Etat.
On peut dépenser des fortunes dans les capitales occidentales avec son petit monde.
On peut préférer les paysages azuréens d'Europe pour ses vacances et ses soins aux mille beautés de la nature de son pays.
On peut préparer toute sa famille à reprendre et exercer le pouvoir sur plusieurs générations.

 

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Il suffit alors désormais de petites choses, simples comme un tour de magie, efficaces comme de vieilles ficelles, pour devenir des "héros" en Afrique et faire 50 ans au pouvoir :
- Faire un clin d’œil à Vladimir Poutine.
- Se faire l'ami privilégié de la Chine et multiplier les visites à Pékin
- Dénoncer, le Coran à la main ou la Bible à bout de bras, l'Occident
- Faire des procès de comédien, le temps d'une élection, à la France et aux Occidentaux, qui ont installé Papa au pouvoir, vous ont protégé, assassiné avec la complicité des systèmes dirigeants, suppôts des anciens maîtres coloniaux, les héros de l'Indépendance et les patriotes intègres
- Faire la chasse aux pédés
- Dénoncer les ONG occidentales
- Pourfendre les chantres des droits de l'homme.

En appliquant ces nouvelles recettes, ils sont absous, bénéficient de l'immunité accordée à de fantoches "panafricanistes" qui trahissent l'idéal de cette belle aventure, humaine, politique, solidaire lancée par de dignes fils d'Afrique à la fin du 19 e siècle.

Oui, en Afrique désormais, plus besoin d'être Um Nyobé, Lumumba, Garvey, Krumah, Anta Diop, Amilcar Cabral, Moumié, Sankara pour être héros, incarner une vision.

Non, il suffit de dénoncer son adversaire, supposé être l'agent de l'Occident, reconnaître sa défaite à midi et s'y opposer le soir, avoir lutté pour son pays et sombrer au bout de 30 ans dans l'autocratie et se liguer contre l'extérieur, prendre la relève de Papa et de transformer sa province d'origine en réservoir intarissable de voix, pour avoir l'onction nouvelle et le titre de vaillant AFRICAIN. Shame !


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