Cameroun: meilleurs vœux pour un nouveau départ en 2017

Par Action Solidaire Internationale - 27/12/2016

Par l'Action Solidaire Internationale

 

L’année 2016 demeurera une année difficile pour beaucoup d’entre nous marquée par des crises diverses qui n'ont pas épargné plusieurs secteurs au Cameroun, ni même les citoyens en proie à la pauvreté, la misère, au chômage et surtout à la baisse du pouvoir d'achat accentuée par des décisions injustes du gouvernement.

Notre modèle social est aujourd'hui menacé par les politiques choisies délibérément par un gouvernement qui laisse la plupart des Camerounais au bord de la route : Défaillances du système éducatif, sanitaire, insuffisance des infrastructures, absence de dialogue face à une crise sociale, mauvaise gestion des services publics, absence de solidarité...

Toutes ces lacunes pourtant injustes pour beaucoup sont ovationnées par un petit nombre.

Depuis quelques mois, des groupuscules calculateurs et affamés en ordre de marche avec leurs membres prennent toute leur place au cœur d’une vaste campagne de sensibilisation et d’information pour susciter l'éternité du président Paul Biya à la tête des institutions du Cameroun. Ce qui tue beaucoup d’espoir, pour un Cameroun meilleur car, nous sommes convaincus que si en 34 ans, le Cameroun a sombré sous Biya, ce n'est pas maintenant avec le même Biya que le Cameroun va décoller.

En 2016, nous avons assisté au Cameroun, choqués par les images insoutenables de madame Koumatekel Monique, en train d'être « opérée » à même le sol dans l'enceinte de l'hôpital Laquintinie par une autre dame habitée d'un geste de désespoir visant, à sauver les jumeaux que portait la malheureuse madame Koumatekel abandonnée à elle-même.

Voilà après 34 ans de pouvoir, un peuple qui a peur de se rendre à l'hôpital parce qu'ils a plus de chance d'y trouver la mort que recevoir des soins adéquats. Les discours lénifiants des pouvoirs publics sur les performances de nos formations sanitaires et les explications malheureuses sur chaque insuffisance révélée sont mis en échec par les réalités quotidienne des tragédies hospitalières. Plus de 50 ans après l’indépendance du Cameroun, les hôpitaux sont devenus des mouroirs. Hôpitaux délabrés, manque de moyens en personnel, en équipements et en médicaments, corruption, favoritisme, caractérisent le système médical camerounais.

La liste des Camerounais qui meurent dans nos hôpitaux par manque de soins s’allonge chaque jour. Le pouvoir en place au Cameroun, une fois de plus, a raté son rendez-vous avec l’Histoire parce qu’il est un pur concentré de contradictions et de tout ce qui est immoralité. Il a voulu apparaître comme le chantre du développement du Cameroun mais il n’a jamais su réunir tous ses compatriotes sur cette cause
En 2016, plus de 75 personnes ont péri le 21 octobre au Cameroun dans le déraillement d'un train de voyageurs reliant Yaoundé à la ville portuaire de Douala. Le train, bondé en raison de l'interruption du trafic routier entre les deux villes dû à l'effondrement d'un pont à Matomb. Comme d'habitude, le peuple attend toujours les résultats de la commission d'enquête gouvernementale.

Cette tragédie d'Eseka est venue une fois de plus confirmer que le régime actuel au Cameroun est incapable de fournir le minimum de sécurité aux usagers de la route pourtant, des Camerounais paient des milliards de francs CFA en taxes routiers, péages, etc.

 

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En 2016, les villes de Buea, Bamenda, Kumba ont connu d’importantes manifestations des citoyens et de la société civile qui se voulaient pacifistes, avec hélas une nouvelle fois, des victimes à déplorer. Ces manifestations sont la conséquence de Multiples frustrations et d’un sentiment de mépris ressentis par nos compatriotes d’expression Anglophone.

Pour nous, Action Solidaire International, nous tenons le Gouvernement camerounais pour responsable de ces violations graves des droits de l’Homme. Car, étant habitué pour protéger et se maintenir au pouvoir à gouverner sans prévision et à mépriser le dialogue.

En 2016, nous avons vu en mondovision, des étudiants de l'université de Buea roués des coups par les forces de l'ordre du Cameroun, alors qu'ils ont simplement eu la malchance de se trouver au mauvais moment devant ces hommes en tenue lors de la manifestation estudiantine au cours de laquelle des étudiants demandaient de la part des autorités camerounaises des meilleures conditions idoines pour leurs études.

Ces étudiants roulés dans la boue, isolés dans leur douleur, ont choqué. Cela ne peut qu’interpeller la lâcheté de nos dirigeants qui ont la responsabilité d’avoir contribué à ce chaos tout en institutionnalisant le phénomène d'impunité qui a le vent en poupe au Cameroun.

Face à manquements divers de la part des autorités camerounaises, l'année 2017 marquera-t-elle un tournant dans la prise de conscience des autorités camerounaises de la dangerosité de sa gouvernance ?

C’est pour cette raison que nous avons besoin de dirigeants qui ont ou auront à cœur le respect et la préservation de la démocratie, l’engagement de promouvoir le développement du pays pour que la pauvreté ne soit qu’un rêve lointain.

Ces dirigeants ne doivent plus jamais regarder ceux qui ne partagent pas leurs points de vue comme des chiens de faïence mais comme des acteurs à part entière pour le développement du Cameroun.

Paul Biya devra comprendre que des réformes à l'immédiat s'imposent à lui:
- Légiférer pour aboutir à l’élection des gouverneurs, des responsables régionaux etc.
- Organiser des États généraux de la Justice qui réuniraient tous les intervenants de la Common Law et du droit francophone afin d'harmoniser les procédures et les règles de droit du Cameroun.
- Engager une véritable réforme universitaire qui doit tenir compte de l'environnement socio-culturel de chaque entité
- Accélérer la décentralisation gage de l'autonomie de chaque entité administrative
- La déclaration des biens de toutes les personnes qui auront en charge la gestion des entités décentralisées
Enfin, l’indemnisation des personnes brutalisées lors des manifestations publiques, indemnisation des victimes des accidents d’Eseka, des manifestants des parties anglophones du Cameroun sans oublier la condamnation sans retenue des personnes impliquées dans ces abus qui relèvent d’un autre siècle.

Nous porterons ce message d’espoir tout au long de l’année 2017.

Bonnes fêtes à tous les Camerounais.
Bonne et heureuse année 2016.


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