Cémac: les leçons d'un sommet extraordinaire de chefs d'Etat

Par Intégration - 30/12/2016

La reconnaissance d’Ali Bongo comme président du Gabon, l’influence de la France sur les décisions des pays et le prestige du Cameroun dans la zone sont quelques-unes des leçons dudit Sommet

 

Votre journal avait donc été bien informé, lui qui annonçait, une semaine avant l'évènement, la tenue d'un sommet des chefs d'Etat du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la République Centrafricaine et du Tchad, et l'objet de ce sommet. Cette rencontre de concertation de très haut niveau a donc eu lieu à Yaoundé. Que faut-il en retenir? Faut-il en rire ou en pleurer? Pour ceux qui, comme nous, ont la comprenette difficile, tirons quelques leçons essentielles.

1.- La leçon politique
Les chefs d'Etat de sous- région Afrique centrale ont donc fait le choix d'Ali Bongo Ondimba. En effet, s'il y avait encore un doute sur ce point, depuis ce sommet de Yaoundé, les choses sont claires: Jean Ping aura du mal à convaincre qu'il est le président de la République du Gabon. Celui qu'on connait, c'est Ali Bongo Ondimba qui a signé, pour le Gabon, les 21 résolutions du sommet extraordinaire.

2.- La leçon d'influence de la France et du Fmi
C'est confirmé, rien ne se fait de décisif en Afrique centrale sans la France et le Fmi qui, fait du hasard, est dirigé par Mme Christine Lagarde, une française, ancienne ministre de l'Economie et des finances. C'est dans les livres de la comptabilité de ce ministère que les comptes d'opérations des Etats d'une part, et de dépôt de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Béac) d'autre part, sont suivis. Le poids et l'influence de la France sont des contraintes réelles. Quant au Fonds monétaire international (Fmi), il est garant des droits de tirage spéciaux (DTS) qui constituent une partie des réserves de change des Etats. Son avis sur le niveau de ces DTS est déterminant. Les moyens d'action de la France et du Fmi leur donnent un vrai droit de véto dans le processus décisionnel de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale.

 

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3.- La leçon de souveraineté
Elle est donnée par les six Chefs d'Etat qui ont décidé, souverainement croit-on, de suivre la majorité des experts qui ont déconseillé une dévaluation du franc Cfa. C'eût été la pire des choses à faire dans le contexte actuel. Mais, cela sera-t-il suffisant pour rassurer tout le monde? N'est-il pas temps de faire de la monnaie la variable essentielle de l'ajustement tant clamé? Le gouvernement de la Beac aura donc un rôle essentiel à jouer dans les prochains jours. Souhaitons qu'il décide, lui aussi, souverainement.

4.- la leçon de courage
Elle a été administrée par M. Pierre Moussa, Président de la Commission de la Cemac, à qui il revient désormais la lourde responsabilité de mettre en musique les 21 résolutions du sommet. Connaissant les réalités bureaucratiques de nos Etats et l'insuffisance des ressources dont la Cemac souffre, M. Moussa aura besoin de beaucoup de courage pour y arriver. Dieu merci, il semble en avoir, lui qui n'a pas hésité à dire que les mesures d'ajustements seront dures.

5- La leçon de prestige
Qui peut oser dire que le président Biya et le Cameroun n'ont pas tiré avantage du sommet, en terme de prestige? Au demeurant, c'est une retombée méritée. Il reste maintenant à faire le suivi des résolutions pour que le sommet extraordinaire de Yaoundé soit la base d'un nouveau départ de la sous région. La base d'une nouvelle forme de leadership camerounais. En effet, le Cameroun concentre tous les leaderships sous - régionaux: le leadership démographique, le leadership humain, le leadership économique et celui géostratégique. Pourra-t-il en faire des atouts ? Just wait and see.




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