Des journalistes français se mobilisent pour Ahmed Abba

Par Jouranlducameroun.com avec RFI - 06/01/2017

Les sociétés de journalistes français ont lancé une pétition jeudi, pour demander la libération du journaliste camerounais détenu, depuis plus d’un an, pour non-dénonciation d’actes terroristes

 

En France, la mobilisation en faveur du correspondant en langue haussa au Cameroun de Radio France internationale (RFI) s’acccroit. Détenu depuis plus d’un an, Ahmed Abba est accusé de «complicité de terrorisme» et de «non-dénonciation d’actes terroristes». On lui reproche d'avoir été en contact avec des membres de Boko Haram dans le cadre de ses investigations. Après plus de dix audiences devant la justice militaire, entravée par des vices de fomres, le fond du dossier n'a jamais été abordé.

Cette semaine, le procès a été de nouveau reporté. Pour protester, des journalistes de plus de quinze grands médias français ont lancé une pétition jeudi, 05 janvier, 2017.

Les sociétés de journalistes (SDJ) constituée entre autres de l'Agence France-presse, du journal Le Monde, de Libération, d'Alternatives économiques, mais aussi de Radio France ou encore de France 2 et iTélé réclament la libération d'Ahmed Abba, comme l'explique François Pitrel de BFMTV : «Il est complètement anormal aujourd’hui d’être mis sous les verrous parce qu’on n’a pas divulgué quelque chose aux services de police de son pays. On n’est pas des auxiliaires de police, nous, les journalistes. On n’enferme pas un journaliste parce qu’il a pris contact avec des gens qui sont des terroristes ou qui sont suspectés de faire des choses contre la loi.»

 

© Droits réservés
Ahmed Abba
Pour tous les journalistes français qui ont signé la pétition, les accusations contre Ahmed Abba ne tiennent pas. Marie-Bénédicte Allaire, de la radio RTL, dit qu'il «faut lutter contre le terrorisme bien évidemment. Nous en sommes bien conscients. Mais cette lutte contre le terrorisme ne peut pas passer par les tentatives de freiner le travail de vérité des journalistes. Et ce travail, il doit pouvoir se faire.»

La marge de manoeuvre des journalistes se réduit
La question est très délicate. Et Thierry Oberlé, reporter au journal Le Figaro, estime qu'il est de plus en plus difficile pour les journalistes d'entrer en contact avec des membres de groupes terroristes : «Ça peut nous être reproché par les autorités des pays dans lesquels on travaille. Donc, la marge de manœuvre des journalistes malheureusement est en train de se réduire considérablement dans ce domaine.»

C'est pour cela que les médias français se mobilisent, pour qu'Ahmed Abba et tous les journalistes puissent faire leur travail sans être inquiétés. Cette initiative survient après une pétition lancée au Cameroun par des journalistes et des artistes locaux.






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