Approvisionnement en eau au Cameroun, rien ne va plus!

Par Bibiane Djayou - 08/01/2009

Suite à la disparition des bornes fontaines publiques, les populations se retournent vers les puits

 

© Journalducameroun.com
Puits d'eau à Yaoundé
Suite à la disparition des bornes fontaines publiques, les populations à faible revenu se retournent vers les puits qui fournissent de l’eau gratuitement, bien que la qualité soit douteuse.

Avoir de l’eau n’est pas du tout facile à Nkomo
Jean Olinga, commerçant

L’eau c’est la vie a-t-on coutume de dire. Se ravitailler en eau pure, incolore, inodore et sans saveur reste un défi à relever pour les populations camerounaises en général et les habitants du quartier Nkomo à Yaoundé au lieu dit stade Abéga en particulier. Munis de grands seaux, de bidons, de gourdes et même de marmites, femmes, enfants et hommes parcourent environ cinq kilomètres de routes pour puiser l’eau des puits. « Avoir de l’eau n’est pas du tout facile à Nkomo » lance Jean Olinga, commerçant, à la quête du précieux sésame qui va lui permettre de prendre son bain avant de vaquer à ses occupations.

Pour atteindre le puits situé en pleine brousse et qui ne jouit d’aucune condition de salubrité, d’entretien et même d’aménagement, il faut arpenter de longues collines accidentées. La boue qui n’est pas moindre rend le chemin glissant. Il suffit d’un faux pas pour se retrouver au sol avec la bassine d’eau et le travail sera à recommencer. L’eau en elle-même tend à avoir une couleur claire et c’est tout. Le fond du puits, pas profond est recouvert de boue, de champignons et d’herbes aquatiques. Un nombre important d’insectes défile sur l’eau et chacun plonge son sceau dans le puits, sans se soucier de l’état de salubrité du récipient. A quelques centimètres du point de ravitaillement, certaines personnes font leurs toilettes, laissant échapper des gouttelettes qui se retrouvent dans le puits. « Je suis pressé. En me lavant ici, ça me donne la possibilité d’utiliser l’eau avec laquelle je vais rentrer à la maison à d’autres fins » explique un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années.


 

© Edouard Tamba
Puits d'eau
Il faut faire le ménage, apprêter les enfants qui vont à l’école, préparer le petit déjeuner. Nous utilisons l’eau du puits parce que celle de la borne fontaine coûte chère.
Une ménagère

Plusieurs personnes se bousculent pour puiser rapidement. A cette heure de la matinée, ce point d’eau est très fréquenté. « Il faut faire le ménage, apprêter les enfants qui vont à l’école, préparer le petit déjeuner. Nous utilisons l’eau du puits parce que celle de la borne fontaine coûte chère » précise une ménagère accompagnée de ses deux enfants. L’eau est vendue par les particuliers à raison de 10 Fcfa le bidon de 10 litres, 20 Fcfa le seau de 15 litres et 50 Fcfa le bidon de 30 litres. Les usagers qui utilisent l’eau fournie par la Camwater connaissent le problème de coupures intempestives, pourtant le quartier est doté d’un château d’eau. Paul Essomba qui habite le coin depuis trois mois se plaint du fait qu’il est obligé de se lever du lit parfois à 2 heures du matin pour remplir les seaux.

"La Camwater n’avertit pas, ne donne aucune explication aux consommateurs. Parfois il y a coupure le matin et le soir ça revient. Parfois, durant toute la journée, il n’y a pas d’eau. La production commence à 2 heures, pour s’achever à 5 heures. Il arrive même que nous fassions 2 à 3 jours sans eau".
Rendu au château d’eau, impossible d’avoir les raisons de ces coupures à répétition. Les responsables pointent du doigt la Camwater. A la camwater les dirigeants nous orientent à la délégation provinciale car selon ces derniers, les problèmes de coupure ne date pas d’aujourd’hui et seuls les décideurs peuvent apporter une réponse à cette préoccupation.

 





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