Cameroun: Revue de la presse du vendredi 21 janvier 2011

Par Ariane Nkoma - 21/01/2011

Le comice agropastoral, les élections de 2011 et la crise tunisienne sont le menu des informations cette semaine

 

Le comice agropastoral occupe l’essentiel des pages d’actualité dans la presse nationale cette semaine. Le quotidien national bilingue lui accorde la majorité de ses pages dans ses publications. Le journal de Marie Claire Nnana annonce en titre dans sa parution du lundi 17 janvier: « Ebolowa est prête ». Rutilante de propreté, parée de ses nouvelles infrastructures, la capitale régionale du Sud accueille fièrement ses hôtes a continué le journal. Pour le journal étatique, c’est une parfaite: « Communion entre Paul Biya et les producteurs » car: la visite des stands par le Chef de l’Etat s’est effectuée dans une ambiance chaleureuse. Un stand, une image. Le Président de la République salue des exposants et leur demande de présenter leur production. Il prend tout le temps nécessaire pour écouter l’exposant principal. Après l’exposé, le Président félicite chacun des exposants, salue de nouveau et prend congé d’eux. Et après le tour du propriétaire, Paul Biya affirme Les images fortes qui me restent après la visite de ces stands, c’est la puissance et la diversité de notre agriculture. Il y a beaucoup de candidats à l’organisation du prochain comice je prendrais le temps de réfléchir pour faire un choix. Je pense que l’Amérique peut aider au développement de notre agriculture en nous apportant des moyens financiers et en nous envoyant ses techniciens a conclu le chef de l’Etat dans Cameroon Tribune. Le quotidien Le Jour d’Haman Mana pense plutôt que: « Le cœur de Yaoundé bat à Ebolowa ». Et pour raison: Timidité. Plusieurs cadres de l’administration publique ont quitté les ministères pour le comice agropastoral, ce qui ralentit l’activité dans certains services. En plus, continue le quotidien: « Des agriculteurs crient à l’arnaque » Ils accusent le délégué régional du Minader du Nord, qui nie en bloc. La nouvelle de la lettre écrite au président de la République par un groupe d’agriculteurs de la région du Nord a mis en branle les services de renseignement et de sécurité de la région du Nord. Dans la lettre de deux pages datée du 13 janvier 2011, les agriculteurs de la région du Nord accusent le délégué régional d’avoir monnayé les sélections d’exposants pour le comice d’Ebolowa. Ils affirment que 17 agriculteurs du Mayo Louti, 06 du Faro et 09 de la Bénoué sont concernés par la mesure du délégué régional du Minader : C’est par ce que nous avons refusé de céder à son chantage en lui versant 75.000 FCFA, que nous avons été écartés. La délégation du Nord est constituée de commerçants et des personnes qui n’ont rien à voir avec l’agriculture, souligne Mme Tizi Asta, agricultrice. Quant au quotidien Mutations d’Alain Blaise Batongué: « John Fru Ndi embarrasse Paul Biya au comice ». Car:Le Chairman du Social Democratic Front estime que le chef de l’Etat n’a apporté au monde rural que des discours et non des projets. Le leader du Sdf appelle à une véritable redynamisation de la politique agro-pastorale. Et fait surprenant toujours publié par Mutations: « Clobert Tchatat chassé du comice » nous dit le journal: Le ministre du Développement urbain et de l’Habitat n’a pas pris part à la cérémonie d’ouverture de la grande messe agropastorale pour défaut de carton d’invitation. Mais dans le numéro en vente ce vendredi, on peut lire Privé de la cérémonie d’ouverture, le ministre du Développement urbain et de l’Habitat a reçu le chef de l’Etat hier lors de sa seconde visite sur le site du comice. Tout rentre donc dans l’ordre. Et pour le quotidien La Nouvelle Expression: « Présidentielle 2011 : Résolument en campagne » Paul Biya a gavé les habitants du Sud de promesses.

 

© Journalducameroun.com (Prc.cm)
Le comice d'Ebolowa a fait l'essentiel de l'actualité au Cameroun cette semaine

Parlant justement des présidentielles de 2011, Le Jour écrit: « Non à la candidature unique ». Il publie le 11 janvier dernier, Ayah Paul a invité l’opposition à se mettre ensemble pour une candidature unique lors de la présidentielle de cette année. Au 16 janvier, le député de la Manyu dit avoir reçu plusieurs lettres de manifestation d’intérêt des Camerounais de la société civile mais pas d’un leader de l’opposition. Cet appel a relancé la problématique d’une candidature unique de l’opposition. En effet, lors des deux précédentes élections présidentielles, l’opposition avait tenté en vain de faire bloc contre Paul Biya. En 1992, la plate forme dénommée Alliance pour la réconciliation du Cameroun et la conférence nationale souveraine (Arc Cns), constituée des leaders de l’opposition a implosé et l’opposition est allée en rangs dispersés à l’élection. En 2004, la tentative de concertation menée par la Coalition pour la réconciliation et la reconstruction du Cameroun échoue également. L’opposition réunie au sein de cette plate forme choisit Adamou Ndam Njoya pour la représenter. Fru Ndi se retire de la coalition. A la fin, 45 candidats de l’opposition déposent leur candidature à l’élection et 15 sont retenus par le Minatd. Au terme du scrutin, les 15 réunis ont récolté 29% des suffrages contre Paul Biya qui en a eu 70,92%. Quant au bilingue Cameroon Tribune, il s’intéresse plutôt à: « ELECAM se prépare à organiser des élections crédibles ». Selon le journal, ELECAM:va concentrer tous les efforts visant à assurer la bonne organisation et la conduite de la présidentielle de 2011, qui sera son premier test depuis sa création par la loi du 29 Décembre 2006.


La crise tunisienne n’est pas passée inaperçue dans la presse camerounaise. Mutations à sa grande une du lundi 17 janvier écrit: « Tunisie, comment le peuple a chassé ben Ali du pouvoir ». Excédés par les conditions de vie, le chômage, les violations des droits de l’Homme, les populations ont contraint le chef de l’Etat à l’exil… Les arrestations des proches du président déchu se poursuivent. Pour Cameroon Tribune: « Tunisie: La révolution inachevée » ? Après l’euphorie du départ, l’évolution de la situation en Tunisie laisse interrogateurs ceux qui avaient vu dans le soudain renversement puis le départ en exil de l’ex-président Ben Ali l’aboutissement logique d’une lame de fond destinée à ébranler en profondeur les solides fondations de l’ordre ancien. Et pense le journal gouvernemental: « Tunisie: Le plus dur commence ». Pour Mutations dans son éditorial sur le sujet: « La Tunisie nous parle » : paul Biya n’est pas Ben Ali, renversé vendredi dernier au terme d’un vaste mouvement de protestation contre les frustrations sociales et politiques. A la différence de son ex homologue, Paul Biya s’est lancé depuis plusieurs années dans une campagne anti-corruption qui a conduit nombre de dignitaires de son régime au cachot. Contrairement à Leila Ben Ali, le nom de Chantal Biya ou de ses proches n’est pas compromis dans des histoires de commissions ou de marchés publics. Et, depuis l’avènement de Martin Mbarga Nguelé, la police est moins chicaneuse.

 





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