Droit du travail au Cameroun: Le Gicam veut mettre fin aux abus sur le terrain

Par Hervé Endong - 24/03/2011

Pendant deux jours, l’organisation patronale a organisé un séminaire de formation à l’attention des employeurs et employés

 

Droits et obligations
Si le droit a pour rôle de régir les rapports des hommes dans la société, le droit du travail, pour sa part et comme son nom l’indique, régit les rapports entre employeurs et employés sur le lieu de travail. L’entreprise, véritable creuset d’intérêts catégoriels, se trouve indubitablement être le terrain par excellence de la pratique du droit du travail. Il est convenu que la ressource humaine est la plus importante de l’entreprise. De ce fait, l’employé est considéré comme un partenaire essentiel voire incontournable pour celle-ci et mérite, à cet égard, d’être traité avec considération. Cependant, l’employeur, pour sa part, est légitimement fondé à formuler des exigences vis-à-vis du travailleur. Quoiqu’il en soit, la réglementation du travail, dont la loi N°92/007 du 14 août 1992 constitue l’ancrage au Cameroun, a prévu des droits et des obligations pour les parties engagées dans la relation de travail. Seulement, le respect des droits et obligations constitue une véritable gageure. Une hydre à mille têtes. En pratique, l’on observe de nombreux comportements répréhensibles sur le terrain du travail. Cette réalité est la preuve que la loi n’est pas respectée de manière systématique. La méconnaissance de la réglementation du travail dans certains cas, la volonté de la transgresser ou de la dévoyer dans d’autres, sont autant de choses imputables aussi bien aux employeurs qu’aux travailleurs.

 

© Journalducameroun.com

Productivité et compétitivité de l’entreprise
De tels comportements sont pourtant susceptibles de nuire au climat social de l’entreprise et, par conséquent, d’impacter négativement sur la marche de celle-ci. Autrement dit, la méconnaissance ou la mauvaise application de la loi peuvent avoir pour effets de compromettre la productivité et la compétitivité de l’entreprise, voire de ternir son image. Or, ni les employeurs, ni les travailleurs, n’ont intérêt à ce que le fonctionnement de l’entreprise soit mis à mal. C’est conscient de cela que le Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM) a organisé ce séminaire de formation de deux jours à l’attention justement des employeurs et employés. Pour la première organisation patronale du pays, la connaissance et la pratique du droit du travail apparaissent incontournables pour les employeurs comme pour les travailleurs, qui devraient par conséquent suivre une ou plusieurs formations appropriées à cet effet. En effet, du respect de la réglementation du travail dépend largement la qualité du climat social et, partant, la bonne marche de l’entreprise, souligne-t-elle. Globalement, l’objectif principal de cette formation est de permettre aux personnes concernées, au regard de leurs fonctions respectives, d’avoir une connaissance suffisante du droit du travail et de partager les meilleures pratiques en entreprise. Cette formation intervient à plusieurs niveaux et est fonction des responsabilités respectives. C’est ainsi que les managers ont besoin d’avoir les grandes bases du droit du travail ; les cadres doivent être formés, entre autres, au pouvoir disciplinaire ; Les responsables des ressources humaines et les chefs d’entreprise méritent d’être formés en profondeur au droit du travail ; Les représentants du personnel devraient être prioritairement formés à leurs fonctions, justifie le GICAM.

Droit colonial français
Le Cameroun ayant notamment hérité du système du droit romain et, donc, du droit colonial français, l’état de la législation du travail et des pratiques en entreprise au Cameroun et en France a aussi été abordé, dans une approche comparative. En outre, les perspectives dans le cadre du processus d’harmonisation du droit du travail en cours dans l’espace OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), ont été explorées. On comprend pourquoi le GiCAM a choisi le thème Droit du travail et pratiques en entreprise : approche comparative des systèmes camerounais et français et perspectives dans le cadre de l’OHADA. Le GICAM espère qu’au terme de la formation, les participants auront une grande visibilité en matière de pratique du droit du travail. Ils auront la maîtrise des fondamentaux du droit du travail, pourront analyser et gérer efficacement les situations en rapport avec le droit du travail, seront renseignés sur les meilleures pratiques en entreprise en matière d’application de la législation du travail, auront des connaissances précises sur le droit du travail français et sur la pratique dans les entreprises en France, sauront anticiper sur les risques juridiques en matière de droit du travail et seront aptes à contribuer à la création et/ou au maintien d’un climat social serein dans l’entreprise, synthétise le patronat.

 





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