Chief Mila Assouté: Nouveau candidat à la présidentielle camerounaise de 2011
Par Ingrid Alice NGOUNOU - 25/05/2011
Convaincant dans le propos et surtout confortable dans son discours, il veut jouer sa partition durant les élections de cette année
On le murmurait et c’était un secret de polichinelle. Mila Assouté s’est déclaré ce mardi 24 mai candidat à la présidentielle de cette année au Cameroun. Lors d’un petit-déjeuner de presse dans un hôtel à quelques jets de pierres des champs Elysées à Paris.
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| Mila Assouté, mardi 24 mai 2011 |
En effet, dans son programme, il prévoit un retour au Cameroun. Pour faire campagne, rencontrer les membres de son parti, mais surtout faire taire ses détracteurs qui lui ont toujours reproché son éloignement de a scène politique réelle du Cameroun. Et donc, des préoccupations des camerounais.

Mila Assouté est candidat à la présidentielle au Cameroun
Né le 30 mai 1957 à Nkongsamba, Mila Assouté est né chef. Son père, chasseur à ses heures perdues mourut à 28 ans avant la naissance de ce dernier. Le jeune chef ne peut donc pas assurer le pouvoir et une régence est mise en place. Il fait son école maternelle et primaire à Ngwatta, dans la chefferie supérieure de Santchou dans la Menoua. Il va ensuite à Yaoundé faire ses études secondaires au collège Montesquieu à Mvog-Ada, Ces de Ngoa-Ekelle et enfin Lycée Leclerc. Il obtient son baccalauréat en 1978. La régence royale prend fin et Chief Mila Assouté, à 24 ans, est installé officiellement dans ses fonctions de chef supérieure des Mbo. Il est élu député de la Menoua (Ouest Cameroun) en 1983 (plus jeune député). En 1988, après un mandat, il perd le siège. Certains lui reprochent ses « yeux très ouverts ». En 1989, contrôleur de gestion, il part du Cameroun pour Paris pour poursuivre ses études. Dess en commerce international en poche en 1991, il part aux Etats unis où il obtient un stage à l’organisation non gouvernementale United Black Fund affiliée à l’Usaid (L'Agence des Etats-Unis pour le Développement International). Il rentre au Cameroun en 1996 accrédité pour ouvrir une représentation de l’organisation au Cameroun avec pour zone de couverture toute l’Afrique centrale. Lors du congrès du rassemblement démocratique du peuple camerounais, il est invité spécial du président de la république du fait de son statut de représentant résident. Mais à ce congrès se jouera une nouvelle partition car il est nommé membre du comité central du RDPC.
Il propose des réformes dans le but de dépoussiérer sa formation politique et pour appuyer sa volonté de faire bouger les lignes, se déclare prêt à démissionner si un congrès n’est pas organisé avant les élections présidentielles de 2004. Ce qui ne sera pas fait. Dans la foulée, Mila Assouté se déclare candidat du RCNR (ralliement au changement pour la nouvelle république). Sa candidature est retirée et il vit une année difficile au Cameroun où d’ailleurs il déjoue une tentative d’assassinat. Le spectre de 1988 s’abat à nouveau sur lui et comme en 1988, un nouveau départ s’impose. Et là commence l’exil parisien. Mila Assouté est installé et vit à Paris depuis Septembre 2005. 6 ans donc qu’il est parisien. Exilé politique et non alimentaire comme il le dit lui-même pour faire taire ses détracteurs. Il a choisi d’occuper l’espace publique à sa façon.
Le ralliement au changement pour la nouvelle république, l’ancêtre du Rdmc fut créé le 12 octobre 1995 par Ferdinand Ngoubene, Jean Ewane et André Marie Essomba Messi. Jean Raoul Makondo, Paul Abouna, Machia Baniaken et Derek Dzeka Tangwa constituent l’équipe de campagne du candidat Mila Assouté en 2004. Le 27 janvier 2007, le pays organise les élections législatives et pour se faire un sang neuf, les membres du parti se réunissent en assemblée générale ordinaire à Yaoundé en l’absence de Mila Assouté, déjà en France. Ils décident alors de changer la dénomination du parti et le Rcnr devient le Rdmc. Ces élections législatives/municipales laisseront aux candidats du Rdmc un goût amer car un seul poste de conseiller à la commune rurale de Santchou dans le département de la Menoua aura été ravi. Depuis lors, le Rdmc est devenu un panier à crabes où amis d’hier se déchirent et s’accusent mutuellement. Il finit par s’imposer ( ?) comme l’homme de la situation. Mais c’est au Cameroun que sera validée cette candidature !

