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Bamenda: Maurice Kamto assurera la défense des manifestants détenus

Le président du MRC va défendre les neuf manifestants encore aux mains des forces de l’ordre depuis leur interpellation le 08 décembre 2016 dans la région du Nord-Ouest

Le juriste et homme politique d’opposition Maurice Kamto va assurer la défense des manifestants interpellés à Bamenda et détenus à Yaoundé depuis le 08 décembre dernier, a appris Journalducameroun.com auprès du parti politique d’opposition qu’il dirige: le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

Il s’agit de neuf personnes encore aux mains des forces de l’ordre après la libération de 21 manifestants le 09 janvier dernier et de 28 autres avant. Ce qui porte à 49 sur 58 le nombre de «casseurs» remis en liberté depuis leur interpellation à la suite des violences ayant causé deux morts, une dizaine de blessés et d’importants dégâts matériels, selon un bilan officiel présenté le 11 décembre 2016 par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

«Maurice Kamto a décidé de défendre toutes les personnes interpellées et détenues à la suite des revendications violemment réprimées par les forces de l’ordre. C’est scandaleux de poursuivre des jeunes qui ont exprimé une opinion, quelque soit cette opinion, dans leur pays, à visages découverts, et non-porteurs d’armes. C’est un régime de terreur qu’on veut mettre en place, mais ce n’est pas comme ça que ce problème sera résolu», a indiqué le trésorier du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Dr Alain Fogue Tedom, joint au téléphone par Journal du Cameroun.

Selon le cadre de ce parti politique créé en 2012, à la suite de la désertion de Maurice Kamto, des rangs du parti au pouvoir, cette détention de manifestants constitue une violation aux droits de l’homme et elle serait favorisée par la loi antiterrorisme en vigueur dans le pays depuis décembre 2014.

«En 2014 lorsqu’on avait voté la loi antiterroriste, le MRC avait trouvé que cette loi ouvrait la voie à des fins politiques. Elle avait été critiquée par le président Kamto. Il se trouve que ce qu’on redoutait à l’époque, à savoir l’utilisation de cette loi pour priver de liberté d’expression des Camerounais, est en train de se réaliser», souligne le Dr. Alain Fogue Tedom.

Les mouvements de grève ont commencé dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest par une manifestation des avocats anglophones demandant la traduction des textes juridiques en anglais. Laquelle a été suivie d’une grève des enseignants demandant entre autres, le retrait de tous les enseignants francophones de leurs écoles.


Au MRC, Maurice Kamto avait relevé l’existence d’un problème anglophone et appelé le gouvernement à un dialogue. «Commencées par le mouvement des avocats de cette région, les revendications sont aujourd’hui suivies par l’ensemble de la population dont les « Bayamsellam » et les syndicats des enseignants pour ne citer que ceux-là, et se traduisent aussi par une grève générale lancée depuis le lundi 21 novembre 2016. Tout cela est l’expression d’un mal-être profond qu’on ne saurait banaliser, alors que l’on a célébré il n’y a pas longtemps le 50e anniversaire de la réunification du pays dans des conditions critiquables et critiquées, et pas seulement par les populations anglophones.

Au demeurant, dans mon intervention au meeting de notre parti organisé à Bamenda le 25 juin dernier, comme à l’occasion d’autres interventions publiques avant, j’ai indiqué qu’il y a un problème anglophone au Cameroun qu’il faut résoudre politiquement et pacifiquement», avait-il déclaré dans un discours relatif à aux événements de Bamenda et Buéa.

Maurice Kamto

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