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Cameroun-Chine: Visite officielle du président Paul Biya à Beijing

Le chef d’Etat camerounais devrait rencontrer de nombreux investisseurs chinois au cours de cette visite officielle

Le président Biya du Cameroun en visite officielle en Chine. Une surprise pour certains qui s’attendaient à un congrès imminent du parti au pouvoir dont il est président, mais une visite connue de longue date par les services diplomatiques camerounais et chinois. C’est depuis le mois de juin en effet que des responsables de l’ambassade de Chine ont évoqué l’hypothèse de cette visite. « En raison du quarantenaire des relations Chine – Cameroun », faisait-on savoir. C’est donc ce 20 juillet que débutera officiellement cette visite d’Etat du président Biya qui est accompagné de plusieurs ministres (finances, tourisme, énergie et eau, économie, et postes et télécommunications), mais aussi des responsables d’organisations économiques. Le point commun entre tous les membres du gouvernement est que leurs départements interviennent dans les grands projets structurants du Cameroun, projets dont la réalisation de la majorité est confiée à des entreprises chinoises. Ces dernières années, l’implication chinoise dans les grands travaux effectués ou à effectuer au Cameroun a connu un accroissement. Ils sont ainsi impliqués dans la construction d’infrastructures portuaires, ferroviaires et énergétiques. Ils interviennent aussi dans les secteurs agricoles, du bâtiment et du commerce.

C’est la cinquième visite du chef d’Etat camerounais en Chine, après mars 1987, octobre 1993, septembre 2003, et novembre 2006. Certaines sources laissent entendre qu’au delà d’une visite officielle, le déplacement du président camerounais en Chine serait un signal fort à l’endroit des « occidentaux ». Durant tout le mois de juin, le président Biya a reçu la visite d’émissaires en provenance de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande-Bretagne. La Chine qui dans ses relations avec ses « amis africains » ne s’ingère pas dans leurs affaires intérieures se présente aujourd’hui comme un des meilleurs atouts sur le plan diplomatique.

Sur un plan purement pratique, Paul Biya devrait rencontrer Hu Jintao le président chinois. Mais parallèlement, les membres du gouvernement et représentants du monde des affaires au Cameroun, devraient faire des rencontres avec des interlocuteurs chinois. Pour de nombreux observateurs, rien de concret ne devrait être tiré de ces rencontres. « la structuration et l’organisation chinoise est telle que le Cameroun ne possède pas encore des arguments assez solides pour discuter d’égal à égal avec un pays dont la diplomatie économique met en difficulté celle de l’occident tout entier », faisait savoir un analyste des relations Chine-Cameroun. Un regard sur les statistiques lui donne raison. En 2005 le volume des échanges entre les deux pays (Cameroun et Chine) étaient de l’ordre de 210 millions de dollars, dont 68 pour le Cameroun et 142 pour la chine. Entre temps il serait surprenant que les chiffres aient évolué en faveur du Cameroun, dont l’essentiel des exportations repose sur des matières premières et des produits agricoles, parfois produits localement avec de la main d’ uvre chinoise.

De manière générale, quarante années après les premiers contacts diplomatiques entre les deux pays, le sentiment des camerounais vis-à-vis des chinois est assez mitigé. Les défenseurs de la présence chinoise évoquent très souvent des dons de livres et d’ordinateurs à différents organismes – écoles, partis politiques, universités – et des avancées sur le plan des infrastructures, avec la construction du nouveau stade, de nombreuses routes, des hôpitaux : l’hôpital Guider, l’hôpital de Mbalmayo, l’hôpital gynéco-obstétricien de Yaoundé, mais aussi le palais des Congrès de Yaoundé, le palais des sports de Yaoundé, les routes, et bientôt d’autres ouvrages. Il existe cependant des personnes qui critiquent cette présence chinoise au Cameroun. On relèvera entre autres la critique des importations de marchandises de contrefaçon vendues à des prix défiant toute concurrence et tuant les secteurs tertiaire et secondaire locaux, la pratique de la pêche illégale notamment au large de Kribi, la contrebande d’ivoire et surtout l’accaparation de terre. Les chinois qui ont pris conscience de leurs limites, sont désormais ouverts au dialogue et aux échanges d’expérience. « Nous sommes disposés à accueillir des intellectuels camerounais qui pourraient nous aider à rendre les relations entre la Chine et le Cameroun très riches, et profitables pour nos deux pays » faisait savoir Lin Chang Li un des responsables de l’ambassade de Chine au Cameroun. La visite du président Biya devrait s’achever le 22 juillet.


Les couples présidentiels chinois et camerounais en 2007 à Yaoundé

xinhua)/n

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