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Cameroun : Controverse autour de la grève des médecins

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Si pour certains le mouvement d’humeur prévu commencer hier n’a pas été suivi, pour d’autres, il y a bel et bien eu grève.

Sur les réseaux sociaux, les débats sont houleux. Alors qu’un internaute publie le rapport détaillé de la première journée de grève entreprise par le Syndicat des médecins du Cameroun (Symec), certains marquent clairement leur désaccord avec les éléments d’informations avancés. « Venez directement dans les hôpitaux vérifier on ne peut pas cacher une grève. Au lieu que nos médias fassent les directs des soirées people voici les vrais reportages à faire. Chez nous en tout cas les médecins étaient à leur poste », réagit une internaute. Une réponse qui a fait sortir le secrétaire général du Symec de sa réserve.

« Le Symec n’a jamais demandé aux médecins d’être absent ou d’aller dans la rue. Les modalités stipulaient bien que nous serons en poste mais ne prendront que les urgences. Dans tous les hôpitaux du Cameroun aujourd’hui au moins un médecin a renvoyé ses consultations à jeudi et c’est le plus important. Il était important que les médecins expriment leur mécontentement sur leurs conditions de travail. Ce sera encore le cas demain, le mot grève est un mot violent et beaucoup ne veulent pas y être mêlée mais faudrait se demander pourquoi les confrères en arrivent là et que peut-on faire ensuite pour construire ensemble car au final c’est de cela qu’il s’agit », défend le Dr Patrick Ndoudoumou.

Menaces de sanctions

Le traitement de cette information est tout aussi mitigé dans la presse. Là où certains voient la grève, d’autres y voient le boycott des médecins. Lundi, par exemple, les reporters de la chaîne privée Canal 2 ont observé que le mouvement n’a pas été suivi à l’hôpital central de Yaoundé. La chaîne a donné la parole au directeur de cette formation hospitalière qui a assuré de la sérénité du personnel de la formation hospitalière. Le quotidien Le Jour croit savoir à ce sujet que le Minsanté a posé des injonctions aux médecins. Compte tenu du caractère illégal du Symec, ils ont été invités à vaquer sereinement à leurs occupations et les directeurs des formations hospitalières ont été sommés d’y veiller. Un neurologue en service à l’hôpital central de Yaoundé dit voir reçu une demande d’explication pour avoir informé ses patients qu’il ne consulterait pas jusqu’au 19 avril.


Toujours est-il que dans certaines parties du pays, des consultations ont été reportées, dans d’autres, les médecins ont observé le service minimum. D’après Pierre Yves Bassong, le président du Symec, le mouvement est effectif. Le seul problème rencontré jusqu’ici ce sont des menaces proférées par les directeurs d’hôpitaux qui menacent les médecins grévistes de sanctions. Pierre Yves Bassong précise que le gouvernement n’a pas encore initié un dialogue avec le syndicat. Peut-être parce que le gouvernement ne reconnaît pas l’existence juridique dudit syndicat.

La grève se poursuit ce mardi 18 avril.

 

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