Société › Education

Cameroun: Intensification des cours dans les régions anglophones

Photo d'illustration © Droits réservés

Le Minesec appelle à la poursuite des cours de rattrapage et à l’augmentation des heures de cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Objectif : rattraper le retard causé par la grève des enseignants

Au Cameroun, les autorités multiplient des décisions pour tenter de sauver l’année scolaire 2016-2017, notamment, dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où un arrêt des cours était observé depuis novembre dernier. Le ministre des Enseignements secondaires (Minsec), Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, appelle les enseignants desdites régions à intensifier le rythme des cours pour rattraper le programme annuel.

«Des mesures sont prises en vue de rattraper les heures de cours et autres activités pédagogiques. Ce sont la poursuite du déroulement des cours de rattrapage dans la section francophone et l’augmentation hebdomadaire de 17 heures de cours dans la section anglophone, pour la période allant du 06 mars au 13 mai 2017», a-t-il indiqué dans un communiqué lu sur la radio nationale ce vendredi, 03 mars 2017.

Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe demande aux enseignants du sous-système anglophone de faire deux heures de cours supplémentaires chaque lundi, mardi, jeudi et vendredi. Ils doivent par ailleurs ajouter trois heures de cours sur le temps réglementaire le mercredi et effectuer six heures le samedi.

Le Minsec fait ainsi passer le temps imparti aux activités pédagogiques de 35 heures hebdomadaires à 52 heures. A côté de cela, il recommande le déroulement des cours pendant deux semaines pour les classes d’examen et une semaine pour les autres classes, ce, pendant les congés de pâques prévues du 31 mars au 17 avril.

Cette décision survient moins de deux semaines après celle sommant les candidats aux examens de la Direction des examens des concours et de la certification (DECC) et du Général certificate of education board (GCEB) à déposer leurs dossiers avant le 28 février.


Ces deux régions sont le théâtre, depuis la fin du mois d’octobre des mouvements de contestations des avocats, récupérés par les enseignants puis par la population. Au départ du mouvement d’humeur ayant entraîné des revendications sécessionnistes, ce sont des enseignants et avocats d’obédience anglophone qui, pour les premiers dénonçaient la «marginalisation» de leur sous-système éducatif, alors que les seconds exigeaient la traduction dans leur langue de travail de plusieurs instruments juridiques.

Après une première tentative ratée de dialogue, le Premier ministre avait exprimé sa peur de voir l’année scolaire 2016-2017 inaboutie dans cette partie du pays. «Si la grève des enseignants continue, ce sera très difficile pour les élèves des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de passer leurs examens de fin d’année. Il est donc important que nos enfants reprennent le chemin de l’école», avait déclaré, en décembre, Philemon Yang, lui-même originaire de Bamenda.

Pour remédier à la situation qui paralysait toutes activités économiques, sociales et scolaires dans les régions citées, le gouvernement avait mis sur pied deux commissions chargées de négocier avec les enseignants et les avocats. Le 03 février, les syndicats des enseignants ont levé leur mot d’ordre de grève. Malgré cela, les cours peinent à démarrer effectivement dans ces régions.

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut