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Cameroun: le gouvernement interdit deux mouvements anglophones

Lesdites organisations sont le Southern Cameroun national council et le Consortium, un mouvement sécessionniste, et le CRCSC, à l’origine des villes mortes en zone anglophone

Le gouvernement camerounais vient de suspendre deux organisations de la société civile réputées pour leurs influences dans la poursuite des revendications anglophones depuis la manifestation des enseignants violemment réprimées à Bamenda le 08 décembre dernier.

Le Southern Cameroon national council (SCNC) et le Consortium de la société civile du Cameroun anglophone (CRCSC) ont été interdits d’activités mardi, 17 janvier 2017, à la suite d’un arrêté du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), René Emmanuel Sadi, diffusé à la radio publique.

«Sont nulles et de nul effet, pour activités contraires à la Constitution et de nature à porter atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’intégrité du territoire, à l’unité nationale et à l’intégration nationale, les groupements dénommés Southern Cameroon national council et Cameroon anglophone civile consortium», indique le texte ministériel.

Toutes les manifestations, réunions et activités initiées ou soutenues par ces deux organisations ont également été interdites sur l’ensemble du territoire national. De même que «Tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou par toute autre personne s’en réclamant. Tous contrevenants à l’interdiction sont passibles de poursuites judiciaires conformément à la législation en vigueur», a conclu le Minadt.

Le CRCSC est à l’origine de l’appel à des journées ville morte observées dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest les 09, 16 et 17 janvier 2017. Toutes choses qui ont empêché la reprise des cours dans les villes anglophones à la rentrée du deuxième trimestre.

Lundi, dans le cadre de ces villes mortes, des élèves ont été contraints de quitter les établissements, de même que la radio publique annonçait des mesures d’intimidations pour obliger les commerçants à cesser leurs activités.


Objectif : «faire pression sur le gouvernement pour qu’il trouve des mesures concrètes aux revendications anglophones», avait expliqué le Consortium.

Cette organisation qui regroupe les enseignants et les avocats demandait la libération de tous les manifestants interpellés à Bamenda et détenus depuis le 21 décembre, avant le début de toute négociation. Une exigence réitérée par les syndicats des enseignants anglophones engagés dans le dialogue avec le Comité interministériel Ad Hoc, selon le président de ladite Commission Ghogomu Paul Mingo, qui était l’invité du journal de 13h de la radio publique.


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