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Cameroun: Paul Biya créé une commission pour promouvoir le bilinguisme

La commission créée lundi est chargée, entre autres, d’élaborer des rapports et de lui soumettre des avis sur les questions se rapportant à la protection et la promotion du bilinguisme

Une Commission en charge des questions de bilinguisme et de multiculturalisme au Cameroun vient d’être créée selon un décret du chef de l’Etat, Paul Biya, signé lundi, 23 janvier 2017.

La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM), placé sous l’autorité du président de la République, est un organe consultatif dont le siège sera établi à Yaoundé.

Composée de 15 personnes – dont un président et un vice-président nommés par Paul Biya – pour un mandat de cinq ans, ladite instance jouera un rôle consultatif auprès du chef de l’Etat et du gouvernement en ce qui concerne la protection du bilinguisme et du multiculturalisme.

Elle devra par ailleurs «assurer le suivi de la mise en uvre des dispositions constitutionnelles faisant de l’anglais et du français deux langues officielles d’égale valeur ; d’élaborer et soumettre au président de la République des projets de textes sur le bilinguisme, le multiculturalisme et le vivre ensemble», est-il indiqué dans le décret.

La Commission assurera également un rôle de défenseur de ces deux valeurs, dans la mesure où elle a aussi pour compétence de recevoir toute requête dénonçant les discriminations fondées sur l’irrespect des dispositions constitutionnelles relatives au bilinguisme et au multiculturalisme. Elle devra en rendre compte au chef de l’Etat.


L’avènement de cette institution, note-t-on, intervient alors qu’une profonde crise sociopolitique secoue depuis décembre dernier les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des accusations de marginalisation sont brandies par certains activistes pour exiger la réinstauration du fédéralisme, voire la sécession de cette partie du pays.

Le gouvernement, qui semble manier le bâton et la carotte, a réitéré en fin de semaine dernière l’interdiction d’activités de deux associations parmi les plus frondeuses, en même temps que plusieurs leaders anglophones étaient arrêtés et que des médias à capitaux privés recevaient une ferme mise en garde du régulateur contre toute apologie du fédéralisme ou du sécessionnisme.


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