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Cameroun: politique et gouvernance à la une des journaux ce mercredi

La marche globale du pays, embarqué dans divers soubresauts politiques et de gouvernance, préoccupe la presse locale ce jour

«Voici donc, s’étonne l’hebdomadaire Repères, que la scène politique nationale s’enrhume, dans une ambiance marquée par des appels à la candidature du président Biya pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat, et memoranda défavorables de son propre camp».

Des revendications sont ainsi formulées sur toute l’étendue du territoire, par les chefs traditionnels et des populations qui ne désirent plus suivre aveuglement une certaine élite, raison pour laquelle ils s’insurgent, depuis quelques mois, contre les motions et déclarations de soutien, implorant le président de la République à se porter de nouveau candidat à la présidentielle prévue en 2018.

Et de s’interroger lourdement : «Comment donc comprendre l’attitude de ces Camerounais, qui se disent en même temps fidèles aux idéaux prônés par le chef de l’Etat Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, à qui ils promettent un vote à 100 % et qui, en même temps, se disent désabusés par les promesses non tenues du régime?»

Relayant les propos du vice-président d’Amnesty International, par ailleurs avocat de renom sur la scène nationale, Akere Muna, le quotidien à capitaux privés Mutations confirme de réels risques : les textes fondamentaux, en l’état actuel et au vu du système électoral en vigueur, «ne sont pas de nature à garantir une transition apaisée».

L’angoisse se fait d’autant plus grande, renchérit Le Quotidien de l’Economie, que le Cameroun, 37ème sur 54 pays africains dans le classement Mo Ibrahim 2016, fait partie des «mauvais élèves en matière de gouvernance».

Un classement de plus qui n’honore pas le pays, insiste la publication, soulignant que cela «montre clairement que le Cameroun, au plan général, a dégringolé».

N’empêche, minimise le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, avant de rappeler que la diplomatie de Paul Biya continue d’être sollicitée dans la sous-région.

A preuve : rien que la veille, le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération, Jean-Claude Gakosso et le Premier ministre tchadien, Albert Pahimi Padacke, porteurs de plis fermés adressés par le chef de leurs exécutifs au président camerounais, ont été reçus en audience par des responsables de premier plan.


Le premier émissaire cité, apprend-on, a souligné qu’il subodorait que le pli dont il était porteur a trait à la nécessité de consolider la paix dans la zone, alors que le chef du gouvernement du Tchad sollicite le soutien du Cameroun pour la candidature de son ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahama, à la présidence de la Commission de l’Union africaine.

Pour le Premier ministre tchadien, «le président Idriss Deby Itno estime que cette candidature ne pourrait pas être celle du Tchad uniquement. Elle est également celle du Cameroun, de l’Afrique centrale et de la CEEAC (Commission économique des Etats de l’Afrique centrale».

«Quel est donc ce chef d’Etat qui n’est jamais chez lui, et qui chaque fois se fait représenter par ses collaborateurs ?» s’insurge Mutations qui constate que Paul Biya a déjà passé 99 jours à l’étranger rien qu’en 2016.

Constamment à l’étranger avec une cour aux petits soins, le chef de l’Etat à cause de ses «absences prolongées et injustifiées (.) mais aussi le traitement de ses accompagnateurs» coûte «des milliards de francs au contribuable pour un résultat à somme nulle».


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