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Cameroun: violences à Bamenda, la situation s’empire!

Ce jeudi, des dizaines de jeunes ont dressé des barricades sur les principales artères de la ville, chef-lieu du Nord-Ouest, mettant le feu à des tenues du Rdpc, parti au pouvoir

Jeudi, 08 décembre 2016, la situation s’est envenimée à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest Cameroun. Des actes de vandalisme, d’une « rare violence », selon des sources sur place, ont animé la ville anglophone où, depuis deux mois, avocats et enseignants ont engagé des mouvements d’humeur corporatistes.

Tôt ce jeudi matin, des dizaines de jeunes auraient dressé des barricades sur les principales artères de la ville de Bamenda, frontalière avec le Nigéria, mettant symboliquement le feu à des tenues du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, parti au pouvoir).

« Il y a des colonnes de feu montant à travers la ville, alors que la police et la gendarmerie ont pris possession de la rue et interpellé quelques casseurs », témoigne un habitant de la ville depuis son abri.

De même, plusieurs autres témoins ont fait état de banderoles disséminés à travers la ville, appelant à la sécession des régions anglophones où certains tenants de la partition du pays semblent avoir élu domicile.

Cette escalade de violence intervient ce jour, au moment où des dirigeants du Rdpc projetaient de tenir un meeting destiné à appeler au calme et au dialogue, comme cela a été fait la veille (mercredi 07 novembre, Ndlr) à Buea dans le Sud-Ouest du pays.

« Le Premier Ministre Philémon Yang et le Gouverneur de la région Adolphe Lele Lafrique avaient déjà pris la route pour la place du meeting à Bamenda congress hall. Quand l’insurrection a déclenché, ils ont rebroussé chemin », a ainsi expliqué une source locale, invoquant « une insurrection » et affirmant par ailleurs que toutes les activités étaient paralysées et que les populations, apeurées, s’étaient enfermées dans leurs résidences.


On rappelle qu’au départ de ce mouvement ayant entraîné des revendications sécessionnistes, ce sont des enseignants et avocats d’obédience anglophone qui, pour les premiers dénonçaient la « marginalisation » de leur sous-système éducatif, alors que les seconds exigeaient la traduction en anglais de plusieurs instruments juridiques.

Par ailleurs, Voilà plus d’une semaine que le gouvernement a annoncé la mise sur pied de comités ad hoc en vue d’étudier lesdites revendications, alors que certaines autres exigences connaissaient un début de solutions concrètes à travers des actes du chef de l’Etat.


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