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France: 393 mille F d’amende pour une Camerounaise mariée frauduleusement

Le tribunal de grande instance de Caen (Calvados)

La concernée, une Camerounaise, a également été condamnée à deux mois de prison avec sursis pour avoir usé d’une fausse attestation de domicile pour pouvoir se remarier

Mardi 14 mars 2017, deux couples (eux français, elles camerounaises), la cinquantaine, ont comparu devant le tribunal de grande instance de Caen (Calvados). L’un pour mariage contracté pour l’obtention d’un titre de séjour ou de la nationalité française ainsi que pour usage d’attestation inexacte, l’autre pour avoir établi cette attestation inexacte. Guillaume Nseke Bekombo âgé de 47 ans y comparaissait également (pour sa part incarcéré) pour aide au séjour irrégulier d’un étranger en France.

Deux couples franco-camerounais ont été jugés par le tribunal de grande instance de Caen (Calvados) le mardi 14 mars 2017 pour avoir porté atteinte à l’autorité administrative française. Y comparaissait également le président d’une association venant en aide aux Camerounais.

Sous un faux nom, la Camerounaise épouse un français

Une Camerounaise ayant épousé un Français fait venir l’une de ses sœurs veuve en France, en lui inventant une fausse identité. Cette dernière erre à droite et à gauche à Caen, s’adonnant au besoin à la prostitution tout en étant soutenue par une association qui vient en aide aux Camerounais.

En 2007, elle rencontre un agriculteur avec lequel elle débute une relation qui se poursuit par une vie commune et enfin par un mariage. Mais une semaine plus tard celui-ci se trouve annulé.

« Mes parents sont racistes »

C’est le père du marié qui écrit au procureur de la république pour le faire annuler. Hormis le fait que la mariée s’est présentée sous une fausse identité, il considère que son fils a été manipulé. En effet, ce dernier a été victime d’un accident de travail qui l’a rendu vulnérable. Mais, excepté quelques troubles bénins de la mémoire, l’expertise psychiatrique le présente comme quelqu’un de normal. De plus, l’homme exploite seul sa ferme depuis plus de 22 ans.« Mes parents sont racistes, dit-il à la barre, je suis bel et bien conscient de ce que je dis et de ce que je fais. »

Le maire refuse de les « remarier »


La femme n’ayant plus aucun papier à son faux nom, la justice les réhabilitant (jugés en cour d’appel en 2013), la situation semble s’apaiser et le couple décide de se « remarier ». Mais c’est sans compter sur le maire du village de l’agriculteur qui refuse tout de go de le (re)faire prétextant en avoir « marre de ces histoires« .

C’est là qu’un second couple entre en jeu : la sœur et le beau-frère de la future mariée. Ceux-ci fournissent aux futurs époux une fausse adresse à Herouville Saint-Clair permettant au couple d’y convoler.

Ils ont tous porté atteinte à l’autorité administrative

Le procureur déclare que tous les prévenus ont porté atteinte à l’autorité administrative. Le couple qui a fourni une fausse attestation de domicile, le couple de mariés qui néanmoins, semblent avoir des sentiments l’un pour l’autre et le président de l’association qui vient en aide aux Camerounais, Guillaume Nseke Bekombo, qui, lui aussi a établi un faux.

Si les casiers judiciaires des deux couples sont blancs comme neige il n’en va pas de même pour ce dernier qui totalise sept identités différentes : blessures involontaires, conduite sans permis, sans assurance, alcoolisée, violences, menaces de mort, rébellion et outrage à magistrat. Le procureur ajoute qu’à son sens son association a pour but de frauder la France.

Au final le couple responsable de la fausse attestation écope d’un mois de prison avec sursis chacun. Pour le marié ce sera deux mois avec sursis pour usage de faux et pour son épouse 60 jours-amendes à 10 euros par jour (Soit 393 574 Francs CFA). Quant au président de l’association, au regard de son passé judiciaire il restera incarcéré deux mois de plus.

 

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