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Issa Tchiroma Bakary: «la responsabilité de tout gouvernement est de préserver l’ordre public»

Ainsi s’est exprimé, mercredi sur RFI, le Mincom au sujet de la crise sociopolitique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun

C’est en novembre dernier que les avocats anglophones – suivis des enseignants – sont entrés en grève, dénonçant la prééminence du français. Puis la contestation s’est étendue à des sécessionnistes. Le ministre camerounais de la Communication (Mincom) et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, est revenu sur la question ce 25 janvier, sur Radio France international (RFI). L’intégralité de l’interview.

RFI : Cela fait deux mois que la crise dure et la contestation ne s’éteint pas. Quel est le message aujourd’hui du gouvernement camerounais?
Issa Tchiroma-Bakary: Le gouvernement camerounais privilégie le dialogue comme toujours. Deux commissions, l’une en charge de rencontrer les syndicats de l’Enseignement et puis l’autre, des avocats. Ces deux commissions ont été mises en place pour travailler sans relâche avec les uns et les autres. Malheureusement, chaque fois qu’on est arrivés à une solution, il y a toujours eu les uns et les autres qui se retirent pour monter la surenchère verbale, pour présenter des nouvelles revendications, dont les dernières en date sont le fédéralisme et la sécession. Mais le gouvernement reste ouvert. Le dialogue, c’est le maître mot que le chef de l’Etat instruit à son gouvernement et à l’ensemble de l’Etat.

Le Consortium des organisations de la société civile anglophone est interdit. Son leader est arrêté. Internet est coupé. Les médias sont menacés de fermeture. Le gouvernement choisit tout de même la voie de la répression?
La responsabilité de tout gouvernement au monde, en particulier celui du Cameroun, est de préserver l’ordre public. Lorsqu’une poignée d’individus par la violence, par l’insurrection, par la menace, prend toute une région en otage, il va s’en dire que cela est inacceptable pour tout Etat de droit qui se respecte.

Combien de personnes ont été arrêtées?
Je ne saurais vous dire le nombre de personnes arrêtées, mais toute personne qui participe aux «ville morte», à l’insurrection, tous ceux-là doivent s’attendre à répondre à la rigueur et aux exigences des lois de la République.

Le déploiement des forces de défense et de sécurité dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest semble impressionnant. Est-ce que cette manière forte ne risque pas de radicaliser plutôt les sentiments?
Ça donne plutôt l’assurance aux uns et aux autres, aux commerçants qui se trouvent dans la violence par la menace obligés de fermer boutique, aux parents d’élèves qui se trouvent dans l’obligation de garder leurs enfants à la maison, tous ceux-là apprécient les efforts du gouvernement. Vous n’avez peut-être pas vu les images où on moleste des élèves qui veulent aller à l’école, on entre dans des établissements, on utilise des barres de fer et des gourdins pour forcer les étudiants et les élèves à sortir des salles de classe. Ça c’est inacceptable.

On voit aussi des images de la répression contre les manifestants.
Ce n’est pas de la répression. Que voulez-vous, lorsque vous avez en face de vous des gens qui incitent à la haine, la violence, notre Constitution fait du Cameroun un Etat unique, fraternel, bilingue, démocratique. Quiconque se met au travers de ce principe est bien manifestement hors-la-loi.


Vous dites : «Ni fédéralisme ni sécession».
J’ajoute toujours : «au nom de la loi».

Mais un homme comme le cardinal Christian Tumi explique que le fédéralisme, ce n’est pas la division. Pourquoi ne pas discuter de ces thèmes-là?
Nous disons que le fédéralisme est un rétropédalage et c’est le peuple camerounais dans son ensemble, en 1972, qui a voulu qu’on passe de la fédération à l’unité. Et c’est pour cette raison que nous célébrons le 20 mai.

Et c’est pour cette raison aujourd’hui qu’on arrive à cette situation d’incompréhension?
Non. Lorsque vous avez affaire à des extrémistes violents qui refusent de regarder les lois de la République, il va sans dire qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Nous disons donc que dans le cadre de la décentralisation, dans le cadre de l’application intégrale du bilinguisme – et le chef d’Etat venait encore d’en manifester l’intention -, dans ce cadre-là, il n’y a pas de problème qui ne trouve pas de solution.

Issa Tchiroma, photo d’illustration

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