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L’UE échange avec les étudiants de l’université de Dschang

Le chef de la délégation de cette institution au Cameroun, Françoise Collet, est venue parler de son action en Afrique et dans le monde, en matière de politique, sécurité, développement et commerce

Le chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, Françoise Collet, a échangé le 15 avril 2016, avec les étudiants de l’Université de Dschang. Cette conférence publique s’est tenue dans la salle des conférences et des spectacles de l’institution universitaire, de 14 h 30 à 17 heures. Sous la modération du Recteur, Prof. Roger Tsafack Nanfosso, la diplomate a tout d’abord délivré un propos liminaire en Français et en Anglais sous le thème: «L’action extérieure de l’Union européenne: les questions de sécurité, migration, et partenariat commercial.» Avant d’entrer dans le c ur de son sujet, l’ambassadrice a exprimé la joie qui est la sienne «de me retrouver à nouveau à Dschang, cette ville chargée d’histoire et dont la réputation sur le double plan touristique et agricole traverse les frontières.» Elle a tenu à féliciter l’institution pour son classement dans «le top 100 en Afrique selon un classement récent de Webometrics fondé sur la présence et les activités des universités sur Internet.»

Il ressort du propos liminaire de S.E. Françoise Collet que la diplomatie de l’UE à l’extérieur est coordonnée par le Service européen de l’Action extérieure (SEAE), organe créé par le Traité de Lisbonne de 2009. Deuxième puissance diplomatique dans le monde avec plus 140 représentations diplomatiques, l’UE se positionne comme le premier partenaire économique et commercial du Cameroun. S’agissant de la question de la sécurité, la diplomate a affirmé que l’organisation qu’elle représente souhaite une «forte coopération et une compréhension partagée des questions entre ses délégations, les pays d’accueil et d’autres organisations.» Après les attentats de Bruxelles, siège de l’UE, il est établi, a-t-elle indiqué, que personne n’est plus hors de portée du terrorisme. Pour le combattre, il faudra aller, d’après elle, au-delà de la «réponse traditionnelle sécuritaire». D’autres réponses se trouvent dans le développement local et la régulation des migrations. Pour le premier volet, l’UE appuie les projets de développement dans les zones rurales à travers le monde, afin de limiter l’exode rural. Sur la question migratoire, l’UE veut aider les pays pourvoyeurs de migrants à être stables. Car, en fin de compte, l’insécurité dans certaines régions du monde est à l’origine des flux migratoires vers l’Europe.

Questions-réponses
Trois jets de questions-réponses ont meublé la phase des échanges. Des interrogations sur les Accords de partenariat économique, promus par l’UE et déjà ratifiés par le Cameroun, ont été adressées à la diplomate. Les étudiants ont surtout voulu savoir si le Cameroun ne fragilise par son économie avec lesdits accords. La diplomate n’est pas de cet avis. Ces accords, qui prônent un démantèlement des barrières douanières dans les deux sens, «va permettre au Cameroun d’importer facilement les biens qu’il ne produit pas. Par exemple, les entreprises industrielles vont énormément en profiter. Puisqu’elles ne vont payer aucune taxe lorsqu’elles vont importer des machines pour leurs usines. En outre, ils vont booster le commerce intra-régional en zone CEMAC estimé aujourd’hui à 03%», a expliqué l’oratrice. De même, toutes les entreprises camerounaises pourront exporter librement et sans taxe sur toute l’étendue de l’UE, a-t-elle indiqué. Et pour leur permettre d’avoir la capacité de produire aux normes, «l’UE finance le bureau de mise à niveau des entreprises». Pour prouver la bonne foi de l’institution qu’elle représente, F. Collet a affirmé que «nous avons intérêt à ce que vous vous développiez. Car, nous avons besoin de votre croissance. Celle-ci produira la stabilité et un marché pour nous.»

La question de la sortie du Cameroun du «Franc CFA», monnaie perçue comme un instrument de survie du colonialisme, a été également adressée au chef de la délégation de l’UE au Cameroun. Pour elle, l’institution dont elle est l’ambassadrice, n’a de façon directe, aucun lien avec cette monnaie. En outre, l’UE n’a aucune position officielle sur la question. Françoise Collet a tout de même émis son point de vue personnel. Pour elle, cette monnaie dont la parité est adossée sur l’euro, présente un avantage: elle est stable. Elle reconnaît tout de même un inconvénient: sa non compétitivité au plan international.

Conférence du chef de la délégation de l’UE dans la salle des conférences de l’Université de Dschang et sous la modération du recteur

Ulrich Tadajeu)/n


Coopération universitaire
Sur la question des échanges universitaires, étudiants et enseignants-chercheurs ont posé le problème de l’accès aux bourses de l’UE. L’ambassadrice a expliqué que ni sa représentation, ni l’institution au niveau central, n’offre directement des bourses aux étudiants. Elle a tout de même indiqué qu’il existe des bourses Erasmus Mundus, qu’abritent de façon concertée, plusieurs universités européennes. Elle a promis de jouer un rôle de facilitation, en acceptant de recevoir des mails d’étudiants à la recherche de bourse, pour les coter à des organismes spécialisés en Europe. Elle a ajouté que les étudiants camerounais ont une très bonne réputation en Europe. Ils représentent la première communauté estudiantine africaine en Allemagne et en Italie, la deuxième en Belgique.

Enfin, Françoise Collet a surtout rappelé les deux grands axes de l’action de l’UE dans le monde : la gouvernance et l’appui au développement local. Pour ce qui est du premier volet, elle se déploie au Cameroun dans les secteurs de la démocratie, de la promotion du genre, des forêts et de la justice. Pour le second volet, l’UE appuie les initiatives de grande envergure devant déboucher sur l’amélioration des conditions de vie des populations qui vivent surtout en zone rurale ou périurbains. C’est dans ce sens que l’institution finance, depuis la fin de l’année 2014, le projet de Maitrise de la gestion et du traitement des déchets à la commune de Dschang. Etalé sur 04 années, ce projet, multi-bailleurs, est doté d’une enveloppe globale de 700 000 euros, soit 459 169 900 F CFA. L’UE fournit 51% de cette somme, soit plus de la moitié. A l’issue des échanges, l’ambassadrice a exprimé sa satisfaction à propos de la qualité des questions posées par les étudiants.

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Des étudiants très intéressés par les problématiques sur lesquelles travaille l’Union européenne

Ulrich Tadajeu)/n

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