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Portraits croisés de « nappies » assumées

Gisèle Audrey Edimo. ©Droits réservés

Karlette et Audrey, deux jeunes femmes assumant ce look qui s’est presque imposé à elles

Karlette Ngapo est office manager dans une entreprise basée à Yaoundé. Ce mercredi matin, elle est en ballerines. La jeune femme porte une robe qui épouse son corps et des cheveux naturels qu’elle revendique avec force. C’est en février 2015, pendant sa grossesse, qu’elle opte pour ce look. « J’avais tellement chaud pendant ma grossesse que j’ai décidé de me tailler les cheveux », nous confie-t-elle.

Tout est parti d’une envie de se soulager de la chaleur qui l’opprimait et s’est transformé en un look qu’elle a adopté. Cette originaire de la région de l’Ouest Cameroun, a longtemps voulu adopter le style afro, mais elle avait peur que ça ne lui convienne pas. Déterminée, ce bout de femme a pu non seulement surmonter ses frayeurs, et aussi faire accepter sa nouvelle coiffure à son entourage. « Au départ ce n’était pas ça mais avec le temps, je me suis habituée et le résultat y est, je ne m’étais pas trompée », avoue-t-elle.

Karlette Ngapo

Avec le sourire, Karlette se souvient tout de même de la réaction de certaines de ses connaissances. Ils s’exclamaient « Qu’est ce qui s’est passé ? ». Ce choix du « nappy » qui s’est presque imposé à elle, a finalement été adopté par plusieurs femmes autour d’elle. L’office manager n’a aucun message à véhiculer à travers sa coiffure, pour elle, « les messages s’imposent d’eux-mêmes. Je demande juste à chaque femme de rester elle-même, c’est surtout d’assumer pleinement son choix avec joie ».


Une qui assume son look nappy, c’est Gisèle Audrey Edimo, étudiante en droit à l’Université de Yaoundé II Soa. Elle a été influencée par sa mère qui avait beaucoup de touffus et longs cheveux. « Les cheveux de Maman ont commencé à s’abîmer au fur et à mesure qu’elle se défrisait, j’ai donc décidé à garder mes cheveux naturels », affirme Audrey.

Ce changement de look n’a pas été difficile pour l’étudiante, elle qui défrisait ses cheveux deux fois par an malgré leur état crépu.  Gisèle Audrey Edimos’était familiarisée avec le style « nappy » et ce n’était une surprise pour personne autour d’elle lorsqu’elle a choisi de laisser sa chevelure naturelle s’épanouir. Son père lui a même demandé de faire la « Punk ». Son teint noir associé aux cheveux afro font d’elle cette « belle femme noire qui s’accepte telle qu’elle est». Elle raconte en passant cette anecdote : « Un jour dans la cours du campus j’ai entendu des garçons dire que je n’étais pas une étudiante de Soa parce que les filles de Soa mettent des greffes. J’ai souri et j’ai poursuivi mon chemin ».

A la question de savoir si ça ne leur revenait pas plus cher d’entretenir leurs cheveux naturels ? Non, de réponse. Les deux femmes sont unanimes surtout avec la multiplication des produits et des salons de coiffure spécialisés nappy, les coûts sont les mêmes. Karlette et Audrey, nous confient qu’elles créent souvent toutes seules leurs coiffures et qu’avec de nombreuses vidéos sur internet, plus besoin de se rendre dans un institut pour se faire belle.

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