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Roger Samnig: « Nous sommes l’exemple qu’on peut réussir en restant au Cameroun »

Le chanteur camerounais, membre du trio qui forme le groupe X-Maleya, s’exprimait ainsi lundi 10 octobre 2016, avant son départ pour une tournée aux États-Unis, en compagnie de son équipe

À quelques heures du départ pour une tournée aux États-Unis d’Amérique, le groupe camerounais de musique urbaine X-Maleya, qui célèbre ses 10 ans de carrière, était représenté par Roger Samnig, au journal de 20h30 du lundi, 10 octobre 2016, sur la chaîne de télévision publique, Crtv. Intégralité de l’interview.

On vient de voir le déroulé de vos 10 ans de carrière. Que représentent ces 10 ans de carrière musicale pour vous ?
Déjà nous disons merci à Dieu parce que c’est une grâce. Vous savez ce n’est pas facile, dans un contexte qui est particulier et nous souhaitons marquer le coup sur cette célébration-là. Nous avons déjà entamé les festivités dans le social par la distribution des produits de premières nécessités et les médicaments aux endroits où on en a le plus besoin. Les célébrations se sont poursuivies en Allemagne, en Belgique et là nous allons en Amérique.

C’est l’apogée on peut dire ça comme ça les États-Unis ? Ou est-ce une nouvelle étape, un nouveau challenge, une consécration ?
Fierté mais pas consécration. Le meilleur reste à venir. Je crois qu’il y a beaucoup de travail à faire pour qu’on puisse parler de consécration.

En parlant de meilleur avenir, quels sont vos nouveaux défis ?
Le premier challenge c’est de rester unis. Je le dis souvent à mes collègues : les gars, si on reste ensemble rien ne sera impossible. Si on reste uni, ça marchera toujours. On espère que Dieu nous prêtera la santé pour qu’à 80 ans, nous puissions illuminer le public lorsqu’on montera sur scène.

On va joindre nos prières aux vôtres, d’autant plus que les boys bands ne durent que le temps des fleurs et ne font pas généralement long feu. Quel est votre secret pour cette longévité ?
Déjà j’aimerai dire que les X-Maleya ce n’est pas un boys band en tant que tel parce que les boys bands, ce sont des personnes qu’on assemble pour des raisons de marketing. X-Maleya ce sont des amis d’enfance, c’est trois jeunes qui partagent la même passion depuis quelques années.

C’est cela le secret, alors l’amitié à la base ?
L’amitié, le respect, mais surtout beaucoup de prières parce que ce n’est jamais facile.
Et on le sent en filigrane dans toutes nos chansons, ce côté spirituel, un ancrage fort en Dieu.

Qu’est-ce que Dieu représente pour vous, dans votre carrière, dans vos chansons, dans les messages que vous passez ?
Dieu a tout fait pour nous, dans un contexte particulier, vivre de ce métier-là, c’est une grâce de Dieu. Nous lui devons tout, c’est pour ça que nous lui disons merci chaque fois que nous le pouvons.


Vous vous interrogez sur la possibilité même de réussir au Cameroun ? Quelle est votre idée là-dessus ?
Pour la célébration des 10 ans il y aura un forum qui se déroulera pendant trois jours. Le thème c’est « réussir au Cameroun » parce que nous sommes l’exemple qu’on peut réussir en restant au Cameroun, faire le tour du monde en restant au Cameroun. Aujourd’hui nous sommes fiers parce que les trois X-Maleya que vous voyez ne sont pas les seuls. Il y a toute une équipe derrière, nous avons huit musiciens et deux danseurs, tous vivent au Cameroun et ensemble depuis quatre ans, nous faisons le tour du monde. Je vais vous raconter une petite anecdote. Nous avons deux jeunes danseurs âgés de 18 ans. Lorsque nous allions à l’Olympia à Paris, il y a la famille qui leur disait « ah mais non ne revenez pas callez. » Nous leur avons dit revenez, soyez sérieux, continuons de travailler et vous verrez qu’après vous irez là-bas quand vous voulez. Aujourd’hui grâce à Dieu ils ont des visas de circulation libre. Je faisais une blague à l’un je lui disais tu n’es pas allé en Europe, il me dit « non, ce n’est pas un problème ». Donc tout est dans le sérieux. Il faut dire aux jeunes que malgré que le contexte soit complexe, il est possible de réussir au Cameroun.

Et dans cette lancée vous avez diversifié votre offre de produits, il n’y a pas aujourd’hui que la musique, il y a une ligne de vêtements XM et d’autres produits.
Tout ça est encore en phase de préparation mais d’ici les prochains mois, vous aurez les premiers produits sur les marchés. Il y a aussi la maison de production XM Musique qui est mise en place en ce moment et qui produit de jeunes artistes. Il faut penser à l’après nous.

Alors la relève justement, votre contribution c’est cette maison ? Elle vous appartient ?
Elle nous appartient, nous l’avons créée et au-delà de la musique, il faut prodiguer des conseils. Il y a beaucoup de talents au Cameroun mais le problème ce n’est pas le talent mais l’état d’esprit.

Comment vous le jugez l’état d’esprit des jeunes camerounais aujourd’hui ?
L’état d’esprit est particulier. Cette jeunesse n’y croit plus, aujourd’hui notre devoir est de rester au Cameroun. Moi j’ai grandi à Ekounou, je suis toujours à Ekounou parce que ça me fait plaisir de voir ces jeunes-là qui m’ont vu débuter et qui me voient aujourd’hui. Il faut que le rêve soit à portée de main des jeunes. Vous savez tout part d’un rêve, lorsqu’il n’y a plus de rêve, l’ambition se meurt et tout s’arrête.

Pour revenir à la tournée, comptez-vous la conclure au Cameroun ?
Le meilleur est toujours pour la fin. À la fin, en décembre, on souhaite organiser un grand concert. C’est une fête qu’on veut populaire et participative. Un grand concert en décembre à Yaoundé ensuite au début de l’année 2017 faire un campus tour : c’est-à-dire aller dans les villes universitaires pour dire merci à ce public qui nous suit depuis 10 ans.


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