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Salaheddine Mezouar: « la COP22 doit être une COP de l’action »

Salaheddine Mezouar, le président de la COP22, face à la presse mercredi, 07 septembre 2016 © Journalducameroun.com

Morceaux choisis d’un entretien avec le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, mercredi 07 septembre 2016

« La COP22 doit être la COP de l’action. Pour que la COP22 soit une COP de l’action, il faut qu’elle soit la COP du concret », a déclaré d’entrée de jeu le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, par ailleurs président de la COP22. C’était mercredi, 07 septembre 2016, au cours d’un entretien avec la presse à Rabat.

Selon Salaheddine Mezouar, il y a des sujets fondamentaux qu’il faut faire avancer. « La question du financement. En mettant en place un dispositif permettant d’accélérer la mise en forme des projets. Le renforcement des capacités parce qu’il y a un besoin d’accompagnement de la mise en uvre de projets. Une troisième dimension fondamentale pour nous, c’est la participation de la société civile, du secteur privé, des territoires, dans l’accompagnement de la mise en uvre des décisions émises lors de la COP21 ; qu’ils soient des porteurs d’initiatives, de projets, qui puissent faire avancer la cause dans leurs pays. Et le dernier point est lié aux engagements des Etats ».

Pour le président de la COP22, « l’Afrique doit être gagnante de ce que sera la société de demain (.) Il ne faut pas que l’Afrique soit en marge. L’Afrique ne peut pas être spectateur, il faut que nous soyons des acteurs du changement. Nous avons suffisamment de cartes aujourd’hui par rapport aux priorités sur lesquelles nous devons agir. Il faut penser des projets structurants en matière d’énergies renouvelables, réorganiser nos cités selon l’enjeu du déplacement urbain pour les populations urbaines, agir pour freiner la désertification sachant que 60% des terres arabes se trouvent en Afrique et agir sur une équation fondamentale qui est celle de la sécurité alimentaire ».

« Nous parlons de notre continent et des enjeux de notre continent. L’Afrique est menacée. Des risques majeurs liés à la désertification et aux déplacements des populations. Avec tout ce que cela suppose en termes d’insécurité pour les pays et leurs habitants. Donc nous faisons partie des pays qui ont tout intérêt à ce que les engagements de réduction des gaz à effet de serre soient accélérés, encouragés parce que ça limitera les risques pour nos pays et nos populations », argumente Salaheddine Mezouar.


Le Maroc et l’Union africaine

En novembre prochain, le Maroc entend parler d’une même voix avec les autres pays africains. Et au nom de l’Afrique. Le Maroc, qui a quelque fois été « critiqué » pour s’être retiré de l’Union africaine et « accusé » de s’être séparé de l’Afrique même si aujourd’hui le royaume entend y retourner et retrouver sa place.

Une accusation que balaie, à l’occasion, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération. « Le Maroc n’a jamais quitté l’Afrique. Le Maroc a quitté une institution pour des considérations que tout le monde connaît. Nous avons toujours entretenu de bonnes relations avec les pays frères. Nous avons décidé de revenir au sein de l’institution africaine parce que les enjeux de l’Afrique aujourd’hui seront déterminants pour le continent. La majorité des pays africains sont des pays amis et ont tous insisté pour que le Maroc reviennent parce qu’ils considèrent que c’est un pays qui pourra énormément apporter à l’institution. Les anomalies de l’histoire ne peuvent pas durer et le temps est venu de les régler. Le Maroc reviendra avec un soutien massif de la majorité des pays de l’Union africaine. Nous avons fait l’annonce, la demande effective n’a pas encore été introduite. Elle sera faite dans les jours qui viennent. C’est une formalité », a réagi Salaheddine Mezouar, pour qui la COP 22 constitue elle aussi le début « d’une longue aventure commune ». Nombre de participants attendus : 20 000.

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